« Le détenteur du savoir et l’apprenti aux aguets »: fable éducative des temps modernes

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Dame Justine par la cour de récré attirée,
Tenait dans ses mains un ouvrage,
Maître d’école par l’attitude agacé, Lui tint à peu près ce langage:
« Que vous êtes dissipée, que vous me semblez dispersée
Sans mentir Justine si vous mettez si peu de cœur à l’ouvrage,
C’est une punition que vous me devrez effectuer! »

Vers une pédagogie inversée?

Qui n’a jamais entendu l’injonction « travaille bien », « ne bavarde pas » ou « concentre toi » quand il était enfant? Difficile de coller à cet idéal en permanence, surtout lorsque l’on sait que le temps de concentration d’un enfant varie entre trente minutes vers sept ans à quarante minutes à l’âge de dix ans.

Au-delà de son temps de concentration maximal, l’enfant fatigue; il n’écoute plus et éprouve le besoin de bouger ou de laisser vagabonder son esprit.

Il ne s’agit pas ici de jeter la pierre aux enseignants, bien au contraire, mais d’essayer de comprendre comment la transmission, en partant des besoins des élèves, est possible. Vous l’aurez peut-être compris nous parlerons aujourd’hui de la pédagogie Freinet.

L’élève au cœur de son apprentissage, une idée farfelue?

Développée dans les années 1920 par le français Célestin Freinet, cette pédagogie favorise la libre découverte par les enfants, des grandes lois du langage, de la grammaire, des mathématiques et des sciences.
Partant du présupposé que le tâtonnement expérimental est à la base de tous les apprentissages, cette manière d’aborder le savoir place donc l’observation, la comparaison et l’imagination au centre du processus éducatif.

Naissance d’un concept

En âge d’apprendre à lire et à écrire, c’est en 1934 que la jeune Madeleine Freinet bénéficia la première d’un apprentissage d’un genre nouveau.
Son père alors instituteur et pédagogue ne souhaitait pas lui dispenser de leçons traditionnelles, mais encourageait au contraire la jeune fille à dessiner, et à inventer les histoires qui allaient avec.
C’est de cette manière que Madeleine aborda sans difficultés la lecture des textes imprimés et prendra par la suite, possession de l’orthographe.

Ses idées?

Freinet assimile l’autorité du maître à une violence, et met en exergue le fait que « quand le travail de l’écolier est correctement organisé, il passionne l’élève et il n’est plus besoin d’autorité ni de discipline. »
Allant même jusqu’à comparer l’apprentissage scolaire traditionnel à une industrie, le pédagogue d’inspiration socialiste pense que l’éducation « classique » exagère le rôle des connaissances et des performances intellectuelles.Les grands principes de sa pédagogie:
– Responsabiliser l’enfant en le considérant comme l’égal de l’adulte afin de l’aider à grandir
– Répartition de l’organisation de la classe entre ses membres constitutifs
– Donner un sens au travail
– Encourager les travaux de groupeEn somme, des classes ateliers dans lesquelles les enfants expérimentent, construisent et partagent en collaboration avec leurs professeurs qui abandonnent l’estrade pour s’installer avec les élèves.

Les applications concrètes?

Portée par l’Institut coopératif de l’école moderne (ICEM), association agréée par le ministère de l’éducation nationale, la pédagogie Freinet se fait aujourd’hui discrète puisque méconnue.
En cause également la mauvaise presse dont elle est victime, certains considérant qu’autonomie ne peut rimer qu’avec anarchie.

Institutrice dans une classe de CM2, Madame Lassau raconte au journal Le Monde, qu’il n’en est rien et que les exercices d’auto-gestion sont quotidiens, comme lorsque ses 28 élèves devaient organiser l’accès aux ordinateurs pour des exposés. Chacun d’eux à fait part d’une proposition, départagées ensuite par un vote à main levée.Individuellement, chaque élève prépare en début de semaine son plan de travail qui fera l’objet d’un bilan collectif afin d’observer ce qui a été ou non réalisé. Des plannings permettent de vérifier si certains points du programme n’ont pas été trop négligés.
Une plus grande souplesse encourage finalement à travailler davantage, en n’hésitant pas à consacrer du temps pour un travail passionnant, quitte à mettre les bouchées doubles pour les autres travaux nécessaires.Reste le problème de l’évaluation finale, généralement caractérisée par un examen global où les candidats jouent leur année à quitte ou double. Freinet conteste la validité des examens qui finissent par devenir l’objectif unique de l’enseignement. Sous le nom de brevets de spécialités il propose des évaluations partielles mais rigoureuses que les élèves passent tout au long de leur scolarité.

Les moyens du changement

Pour finir, si les enfants sont au centre de leur apprentissage, il ne faut pas négliger le rôle fondamental des professeurs, accompagnateurs cruciaux vers le développement cognitif.
Un accompagnement et une découverte de cette pédagogie sont ainsi nécessaires au bon déroulement de cet apprentissage épanouissant.

Lison Herledan pour jaiouiedire

http://www.icem-pedagogie-freinet.org/node/8309
http://www.lemonde.fr/societe/visuel/2014/09/15/la-methode-freinet-une-pedagogie-innovante-au-c-ur-de-l-ecole-publique_4487592_3224.html
http://4cristol.over-blog.com/2015/02/tout-ce-que-l-on-ne-vous-dit-pas-sur-la-classe-inversee.html
http://lewebpedagogique.com/blog/la-pedagogie-inversee-bouleversons-nos-manieres-denseigner/
http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9dagogie_Freinet

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