Expliquer l’inexpliquable aux enfants

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Les événements tragiques qui ont à nouveau frappé la France ce vendredi 13 novembre 2015 doivent être abordés avec précaution auprès des enfants.
Voici quelques éléments à prendre en compte:

Protéger sans censurer

  • L’enfant a été ou sera exposé médiatiquement ou socialement – notamment via ses camarades – aux faits. Il n’est donc pas judicieux de vouloir le tenir à distance des événements tragiques pour chercher à le protéger. Ce moment arrivera, il faut donc l’y préparer au mieux.
  • L’événement étant particulièrement récent, un flot d’informations, de mots, d’images, et de réactions de l’entourage vont affluer. Éloignez vos enfants des chaines d’information en continu: les surexposer à la violence n’entrainera rien d’autre que la peur et l’angoisse.

Adaptez-vous à votre enfant

  • Un enfant surmédiatisé ne veut pas dire en enfant surinformé. Prenez en considération l’âge de votre enfant et son niveau de connaissance sur le sujet, pour expliquer les termes inconnus, les concepts clefs, et éviter ainsi toute mauvaise interprétation de l’information,
  • Donnez un cadre géographique et temporel en resituant les événements dans un contexte précis,
  • Acceptez votre propre niveau de connaissance des événements. Les informations fusent mais ne sont pas toutes fiables. N’hésitez pas à dire à votre enfant que vous n’êtes pas en mesure de répondre à sa question pour le moment, mais que les journalistes enquêtent pour en savoir plus, et que vous l’informerez dés que les choses seront plus claires.

Instaurez le dialogue

  • Considérez votre enfant comme un interlocuteur à part entière et laissez lui vous poser toutes ses interrogations et exprimer toutes ses remarques, en étant à l’écoute et en répondant selon votre niveau de connaissances des événements,
  • Respectez l’émotion et la sensibilité de votre enfant. Ne forcez pas le dialogue et n’allez pas au-delà de ce que l’enfant souhaite exprimer. Si l’enfant ne souhaite pas s’exprimer verbalement, offrez lui la possibilité d’extérioriser autrement (dessins, chanson…),
  • N’imposez pas votre ressenti à vos enfants. Ce qui a retenu votre attention ou vous a choqué ne sera pas forcément similaire à ce qui a marqué votre enfant,
  • Ne politisez pas vos enfants ! Votre avis et vos convictions doivent rester en dehors du dialogue,
  • Restez clair et évitez les raccourcis simplistes,
  • N’édulcorez pas la réalité, et restez rationnel. Si vous mentez, vos enfants n’auront plus confiance en vous et si vous amplifiez la situation, dépassez par vos propres peurs, vous leur transmettrez vos angoisses. Efforcez-vous de rester neutre et tenez-vous en aux faits.

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Rassurez vos enfants

  • Évoquez la solidarité mise en place après et pendant ces événements tragiques au travers des dons massifs de sang pour aider les victimes, du hashtag #PorteOuverte, hébergeant les parisiens proches des zones à risque, des forums dédiés aux personnes souhaitant mettre des mots sur ces événements, ou encore les numéros spéciaux pour retrouver des proches ne donnant pas de nouvelles,
  • Mettez bien sûr en avant le travail des forces de l’ordre, des politiques, des médecins, chirurgiens, et infirmiers qui nous protègent et nous aident dans ces moments, et œuvrent à ce que cela ne se reproduise plus.

L’après

  • Pour finir, continuez de vivre. Cet événement est tragique et il ne s’agit pas de l’effacer une fois le dialogue effectué, mais il ne doit pas paralyser votre vie et devenir un élément central au risque d’instaurer un climat d’insécurité permanent, nuisible au bon développement de votre enfant,
  • Surveillez ses réactions et demandez lui si le sujet a été abordé à l’école avec ses enseignants et camarades, et la manière dont cela s’est déroulé,
  • Soyez attentif aux changements de comportement, d’humeur, pertes d’appétit ou éventuelles attitudes de repli sur soi.

Quelques ressources pour vous aider

Les journaux d’information pour enfants et adolescents mettent en place des # sur Twitter pour répondre aux questions des jeunes: @petitquotidien, @MilanJeunesse
Un numéro spécial du magazine Okapi sur le fanatisme: Okapi-Pourquoi-y-a-t-il-des-fanatiques
Ressources d’Educsol

Ces recommandations sont des conseils, mais chaque famille, chaque enseignant, chaque animateur ou éducateur et plus généralement, chaque personne travaillant de près ou de loin avec les publics jeunes, appréhende la question selon ses moyens.
Je vous souhaite à tous beaucoup de courage et admire plus que jamais votre travail dans ces moments où mettre des mots sur les maux s’avèrent être une véritable épreuve.

Lison Herledan pour jaiouiedire

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