Expliquer l’inexpliquable aux enfants

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Les événements tragiques qui ont à nouveau frappé la France ce vendredi 13 novembre 2015 doivent être abordés avec précaution auprès des enfants.
Voici quelques éléments à prendre en compte:

Protéger sans censurer

  • L’enfant a été ou sera exposé médiatiquement ou socialement – notamment via ses camarades – aux faits. Il n’est donc pas judicieux de vouloir le tenir à distance des événements tragiques pour chercher à le protéger. Ce moment arrivera, il faut donc l’y préparer au mieux.
  • L’événement étant particulièrement récent, un flot d’informations, de mots, d’images, et de réactions de l’entourage vont affluer. Éloignez vos enfants des chaines d’information en continu: les surexposer à la violence n’entrainera rien d’autre que la peur et l’angoisse.

Adaptez-vous à votre enfant

  • Un enfant surmédiatisé ne veut pas dire en enfant surinformé. Prenez en considération l’âge de votre enfant et son niveau de connaissance sur le sujet, pour expliquer les termes inconnus, les concepts clefs, et éviter ainsi toute mauvaise interprétation de l’information,
  • Donnez un cadre géographique et temporel en resituant les événements dans un contexte précis,
  • Acceptez votre propre niveau de connaissance des événements. Les informations fusent mais ne sont pas toutes fiables. N’hésitez pas à dire à votre enfant que vous n’êtes pas en mesure de répondre à sa question pour le moment, mais que les journalistes enquêtent pour en savoir plus, et que vous l’informerez dés que les choses seront plus claires.

Instaurez le dialogue

  • Considérez votre enfant comme un interlocuteur à part entière et laissez lui vous poser toutes ses interrogations et exprimer toutes ses remarques, en étant à l’écoute et en répondant selon votre niveau de connaissances des événements,
  • Respectez l’émotion et la sensibilité de votre enfant. Ne forcez pas le dialogue et n’allez pas au-delà de ce que l’enfant souhaite exprimer. Si l’enfant ne souhaite pas s’exprimer verbalement, offrez lui la possibilité d’extérioriser autrement (dessins, chanson…),
  • N’imposez pas votre ressenti à vos enfants. Ce qui a retenu votre attention ou vous a choqué ne sera pas forcément similaire à ce qui a marqué votre enfant,
  • Ne politisez pas vos enfants ! Votre avis et vos convictions doivent rester en dehors du dialogue,
  • Restez clair et évitez les raccourcis simplistes,
  • N’édulcorez pas la réalité, et restez rationnel. Si vous mentez, vos enfants n’auront plus confiance en vous et si vous amplifiez la situation, dépassez par vos propres peurs, vous leur transmettrez vos angoisses. Efforcez-vous de rester neutre et tenez-vous en aux faits.

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Rassurez vos enfants

  • Évoquez la solidarité mise en place après et pendant ces événements tragiques au travers des dons massifs de sang pour aider les victimes, du hashtag #PorteOuverte, hébergeant les parisiens proches des zones à risque, des forums dédiés aux personnes souhaitant mettre des mots sur ces événements, ou encore les numéros spéciaux pour retrouver des proches ne donnant pas de nouvelles,
  • Mettez bien sûr en avant le travail des forces de l’ordre, des politiques, des médecins, chirurgiens, et infirmiers qui nous protègent et nous aident dans ces moments, et œuvrent à ce que cela ne se reproduise plus.

L’après

  • Pour finir, continuez de vivre. Cet événement est tragique et il ne s’agit pas de l’effacer une fois le dialogue effectué, mais il ne doit pas paralyser votre vie et devenir un élément central au risque d’instaurer un climat d’insécurité permanent, nuisible au bon développement de votre enfant,
  • Surveillez ses réactions et demandez lui si le sujet a été abordé à l’école avec ses enseignants et camarades, et la manière dont cela s’est déroulé,
  • Soyez attentif aux changements de comportement, d’humeur, pertes d’appétit ou éventuelles attitudes de repli sur soi.

Quelques ressources pour vous aider

Les journaux d’information pour enfants et adolescents mettent en place des # sur Twitter pour répondre aux questions des jeunes: @petitquotidien, @MilanJeunesse
Un numéro spécial du magazine Okapi sur le fanatisme: Okapi-Pourquoi-y-a-t-il-des-fanatiques
Ressources d’Educsol

Ces recommandations sont des conseils, mais chaque famille, chaque enseignant, chaque animateur ou éducateur et plus généralement, chaque personne travaillant de près ou de loin avec les publics jeunes, appréhende la question selon ses moyens.
Je vous souhaite à tous beaucoup de courage et admire plus que jamais votre travail dans ces moments où mettre des mots sur les maux s’avèrent être une véritable épreuve.

Lison Herledan pour jaiouiedire

Babytwit, twitter à hauteur d’enfants

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L’essor des réseaux sociaux a fait émerger avec lui de nouvelles pratiques, notamment dans le domaine éducatif.
Si les usages du numérique à l’école sont multiples, certains enseignants restent encore réfractaires à l’idée d’adopter ces outils de communication au sein des salles de classe, pour des raisons bien précises.

Où vont les données mises en ligne? L’accès à ces contenus est-il strictement réservé aux membres? Comment modérer les échanges au sein du réseau?

Autrement dit, n’est-ce pas mettre l’élève en danger que de l’exposer dès son plus jeune âge aux géants Facebook ou Twitter?  Ne contribue-t-on pas au fichage de nos chers têtes blondes en les laissant gambader librement dans la jungle des posts, statuts et autres tweets qui peuplent nos contrées virtuelles?

S’il n’y a pas de réponse tranchée à ces questions, mon avis serait simplement de dire que OUI, il peut y avoir de mauvaises utilisations des réseaux sociaux – comme cela peut être le cas de n’importe quel outil dont on détourne l’usage – et OUI, nous ne contrôlons pas totalement les données que nous diffusons.
Et c’est précisément pour CES raisons qu’il faut éduquer au numérique, car que nous le voulions ou non, les enfants seront amenés à utiliser les réseaux tôt ou tard.

Éduquer plutôt qu’interdire

Babytwit est visiblement plutôt de mon côté.
Qu’entends-je? Ce doux nom ne vous évoque rien de familier?
Vous qui fuyez le réseau social comme la peste, je vous propose tout de suite une petite équation bien parlante.

Communication entre élèves + Maîtrise des données + Interface évolutive = Babytwit!
En somme, il s’agit d’un Twitter pour les 3-13 ans, porté par un internet libre, éthique et responsable.

Il semblerait que vos prières aient été entendues puisque ce tout jeune réseau né en 2012, porté par RyXéo et l’association Abuledu-fr.org, est hébergé en France sur le serveur de l’association, garanti sans publicités intempestives.
Le must, j’vous dis.

L’antichambre des réseaux sociaux

L’objectif de Babytwit est de responsabiliser des jeunes, en leur permettant d’acquérir une pratique réfléchie et avertie des réseaux.
À la manière d’un champion qu’on entraînerait avant son premier match, les élèves se forment à la communication numérique, avant de passer dans la cour des grands.
Mais les bienfaits ne s’arrêtent pas là puisque, plus qu’un excellent coach numérique, le réseau est surtout une formidable plate-forme collaborative avec de nombreuses applications pédagogiques en lien direct avec les programmes scolaires.

User de Babytwit n’a donc rien d’une pratique fantaisiste, ou, comme certains pourraient le penser, d’une petite lubie 2.0.
Rappelons qu’inclure les médias dans les programmes n’est pas superflu mais essentiel, à l’heure où les futurs recruteurs attendent des jeunes qu’ils maîtrisent parfaitement les nouvelles technologies.
Et attention, si les jeunes sont certes tombés dans la « marmite web » très tôt, ils n’en maîtrisent pas pour autant les usages. Un coup de main de l’école n’est donc, croyez moi, pas de trop.

Communauté de faiseurs

Ne vous habituez tout de même pas trop à son petit nom car il est sur le point de changer.
Jugé trop infantilisant par les élèves eux-mêmes, le prochain patronyme va être soumis au vote, comme bien d’autres éléments de la plate-forme, car c’est là son intérêt, elle n’est pas figée et s’adapte aux besoins et envies de ses utilisateurs.

Comme l’explique Céline Souleille, professeur à l’école Curie de Floirac (33),

« l’interface évolue avec les enfants, on peut modifier ce qu’on veut, c’est eux qui porte le projet »

Les jeunes travaillent sur la plate-forme mais aussi, vous l’aurez bien compris, avec celle-ci.
Le système étant à mi-chemin entre Twitter et un blog – micro blog pour les intimes – les caractères ne sont pas nécessairement limités, offrant ainsi des possibilités d’écriture intéressantes.
Sur le même principe que les comités de rédactions, Madame Souleille réunit ainsi plusieurs fois par semaine ses élèves afin de connaître les thématiques à traiter, et s’étonne toujours à quel point le fait d’être publié et lu démultiplie les capacités des apprenants, notamment concernant l’orthographe et la rédaction.

Cet outil de communication a permis aux élèves d’améliorer leurs compétences, en coopérant également avec les autres, soit près de 250 classes inscrites, principalement en France et au Québec.

« Pour la rédaction d’une pièce de théâtre nous cherchons des synonymes de « dire »  » 
« Nous souhaitons cartographier les spécialités régionales françaises, quelles sont les vôtres? Aidez-nous! »

Des échanges à foison sur des thématiques diverses, qui permettent d’accentuer et d’étendre encore davantage, l’entre-aide qui existait déjà dans les classes.
Si cette expérience enrichissante vous tente, il vous suffit de créer un compte, de laisser libre cours à votre imagination, et surtout d’être à l’écoute de celle de vos élèves!

Lison Herledan pour jaiouiedire

Festival lycéen 2015, 100% concentré de talent!

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Me rappelant mes propres souvenirs de celle que l’on nommait encore à l’époque « La créateuf » – en Poitou-Charentes – le festival des lycéens me surprend toujours par la diversité et la qualité des talents qu’il présente.
Outre l’ambiance franchement sympathique, il est rare de voir un festival gratuit, mettant en avant les talents régionaux de jeunes dans des domaines aussi diversifiés que la science, l’art, la musique, la danse, le théâtre, la vidéo ou encore les médias.
Retour sur un moment convivial et enrichissant, que j’ai franchement apprécié.

Un temps pour l’expression

Si l’on a souvent tendance à mettre en avant les compétences scolaires des jeunes, leurs aptitudes développées hors des murs de la classe sont fréquemment relayées au second plan, pour ne pas dire très clairement mises de côté.
Le festival des lycéens et des apprentis, impulsé par plusieurs régions de France dont la Région Aquitaine, rééquilibre la balance et tend à faire changer la donne.

Cette 16ème édition montre bien, en effet, que la jeunesse est pleine de ressources et de richesses.
Il serait impossible ou très malvenu de dire le contraire lorsque l’on voit un groupe de jeunes chanteuses enflammer la scène du rocher de Palmer, à Cenon, ou de nombreux lycéens dans les coulisses, stressés, désireux de faire au mieux pour offrir au public un show théâtrale de qualité.

Impossible également de rester de marbre face à ces jeunes assis çà et là dans l’herbe, animant et contribuant presque sans s’en rendre compte, à l’âme du festival.
Poussant la chansonnette, se défiant au détour d’un battle de Hip Hop, ou peignant des tatouages sublimes sur les bras de centaines de lycéens, je les trouve toujours émouvants.
Partageant le fruit de mois ou d’années de travail, ils offrent aux passants la possibilité d’entrevoir pour quelques minutes ou quelques heures, un aperçu de leurs passions.

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Mon coup de cœur

Accueillant en l’espace de 15 ans près de 50 000 lycéens et apprentis, le festival des jeunes talents s’impose aujourd’hui comme un lieu d’expression à part entière.
Accompagnés ou non de leurs professeurs, les élèves des établissements de la région présentent leurs travaux dans les différents pôles thématiques du Rocher de Palmer, sous forme de défilés, de matchs d’impro, de tournois de slam, de projections vidéos et de multiples autres formes dont la liste serait trop longue pour être citée intégralement ici.

Si un atelier ne vaut pas moins qu’un autre, j’ai tout de même été interpelée par celui dédié à la découverte des médias d’informations.
En effet, suite à un appel à candidature émis par la Région Aquitaine, près de 70 élèves se sont portés volontaires pour couvrir médiatiquement le festival en direct, au travers de 3 pôles; l’un consacré à la radio, l’autre à la réalisation d’un journal écrit, et le dernier destiné à communiquer activement sur les réseaux sociaux tout en alimentant le blog du festival.

Encadrés par des professionnels, allant du journaliste presse au photographe en passant par des graphistes et des intervenants vidéos, les lycéens et apprentis – pour la majeure partie issus de filières générales – ont bénéficié d’une formation de 3 jours s’étalant sur plusieurs mercredis dans l’année, afin d’acquérir des compétences de bases pour mener au mieux leur travail d’apprentis journalistes.

Les jeunes ont ainsi pu découvrir les rudiments de la prise de son, le travail de rédaction, le cadrage en photographie ou les règles de publications sur les réseaux sociaux.
Des apprentissages dont les effets sont multiples puisqu’ils peuvent susciter chez certains des perspectives professionnelles en confirmant ou infirmant leurs choix futurs d’orientation, permettre à d’autres d’approcher un milieu quasi inconnu, et forger pour tous un regard critique face à l’information.

Étant allée à la rencontre direct de ces jeunes, j’ai pu mesurer le travail considérable effectué.
Prenant à cœur leurs tâches, les lycéens et apprentis, caméras à l’épaule, bloc note dans les mains, appareil photo près à mitrailler, se sont attelés durant ces deux jours de festivités à retranscrire l’énergie de la manifestation.

S’apparentant aux abeilles d’une ruche, ils ont du faire preuve de rigueur et de patience pour mener à bien, conférences de rédactions après réunions, interviews après montage, leurs objectifs de production.
Mission réussie puisqu’il résultera de cette expérience, une émission de radio de 2h, un beau journal papier ainsi que plusieurs articles de qualité sur le blog du festival.

Parallèlement à ces ateliers, un travail sur la liberté d’expression a été mené, amenant les lycéens et apprentis à s’exprimer sur ce sujet via des pancartes, puis, en participant à un débat.

Le seul bémol que j’apporterai à cet atelier est sans doute le manque d’élèves issus de filières professionnelles, dû à une information sans doute moins bien relayée. L’initiative visant à faire découvrir les médias à tous, cela est en effet vraiment dommage.

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On n’est pas sérieux quand on a 17 ans?

Le professionnalisme dont ont su faire preuve ces jeunes lors des divers représentations nous prouve bien que si, définitivement.
Comme cette édition nous l’a très justement montré, jeunesse ne rime pas forcément avec indolence, paresse ou passivité, mais plutôt avec créativité et déterminisme.
Prouvant le dynamisme – souvient oublié – de notre génération, les lycéens et apprentis s’inquiètent de voir disparaitre cette bien belle initiative, des suites de la réforme territoriale.
Je vous propose en attendant de revoir les temps forts de cette édition, au travers du blog officiel!

Lison Herledan pour jaiouiedire

– Photographies non libres de droit –

Un JT réalisé de A à Z par des lycéens!

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Parce que les possibilités d’éduquer aux médias sont multiples, les initiatives sont aussi diversifiées qu’il y a d’idées, de projets et d’envies.
De la web radio, aux serious game, en passant par la création de journaux scolaires ou la production de vidéos, c’est un beau projet de réalisation de journal télévisé qui a vu le jour ce 7 mai 2015, entre l’IJBA (Institut de Journalisme Bordeaux Aquitaine) et le Lycée professionnel Les Menuts, à Bordeaux.

Une collaboration riche de réflexion

Agir vaut souvent mieux que 100 discours; c’est ce que Monsieur Bacar, professeur en CAP Vente, a voulu mettre en avant en incitant les élèves à produire sur la thématique de l’information et de la désinformation.

Ce ne sont pas moins de 6 classes issues de filières différentes, qui se sont ainsi rassemblées et investies autour de thématiques aussi diversifiés que la discrimination, la rumeur, les stéréotypes, l’obsolescence programmée, l’ouverture d’un compte jeune à la banque ou encore les façons de se présenter selon diverses situations.
Des sujets pour la plupart en lien avec le cursus des élèves, puis-qu’étaient impliqués sur ce projet des étudiants de Seconde en Baccalauréat Commerce, des 1ères en CAP Vente, des Terminales en CAP coiffure, 2 classes de Baccalauréat Gestion-Administration ainsi que des Terminales en Baccalauréat Accueil.

Un JT dans les règles de l’art

Après avoir mené un travail de fond, les élèves se sont divisés les tâches, chacun occupant une place fondamentale à la bonne organisation du JT.
De la présentation du journal, accompagné par Yousha – apprenti journaliste en alternance à France 3 Toulouse et à l’IJBA – au rôle de l’invité, en allant jusqu’à la gestion des caméras, les élèves ont su faire preuve d’un grand sérieux malgré le stress et la difficulté de cet exercice.

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Plusieurs reportages ont, en outre, enrichis les propos énoncés en plateau, permettant aux téléspectateurs d’en savoir davantage sur ces questions somme toute complexes.

Fiction réalisée par les élèves de Terminale en Baccalauréat Accueil. Le titre fait référence à l’article premier de la Constitution française, datant de 1958.

Suite au montage du journal par les membres de l’IJBA, la production finale a été dévoilée sur grand écran aux élèves venus nombreux, découvrant avec amusement et fierté, le fruit de plusieurs mois de travail.
Une expérience enrichissante qui n’aurait pas été possible sans l’investissement de leurs professeurs, Mesdames Dakhli, Abad, ElhalimiI, Blanco, Giraud, et Schneider, ainsi que Messieurs Poulmarc’h, Bacar, et Filhol, que les élèves n’ont pas manqué de saluer.

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Un journal télévisé de qualité, dont l’initiative a été souligné par Isabelle Martin, déléguée académique au CLEMI (Centre de Liaison de l’Enseignement et des Médias d’Informations) de Bordeaux, comme étant « un pas de plus notable vers l’éducation aux médias »

Les élèves ont, pour finir, pris la parole pour dédier l’ensemble de leur travail à leur camarade décédé quelques mois auparavant des suites d’une blessure fatale, infligée lors d’une rixe.
Un bel hommage qui clôturera cette journée riche en émotions.

Lison Herledan pour jaiouiedire

– Photographies non libres de droits –

Challenge U, futur réseau social d’éducation?

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On utilise Facebook pour les relations amicales, Twitter pour le partage d’informations, LinkedIn pour entretenir son réseau professionnel, ou encore Youtube pour diffuser des vidéos.
Mais qu’en est-il des plate-formes d’échanges, spécifiques au domaine de l’éducation?

ChallengeU, vers une collaboration sans frontières

Initialement pensée par David Chartrand en 2009 avant d’être réformée en 2013, cette plate-forme québecoise part d’un constat simple: les nouvelles technologies rythment nos quotidiens et modifient par la même, notre manière d’appréhender l’information.

Les élèves hyper-connectés munis de smartphones ou de tablettes étant en effet monnaie courante dans nos sociétés, il apparaît comme nécessaire d’adapter l’enseignement à ces nouvelles pratiques technologiques, pour permettre à l’éducation d’être plus en phase avec les besoins et attentes des apprenants.

L’objectif de ChallengeU est double, puisqu’il vise à mettre en ligne des contenus pédagogiques thématiques, afin que les élèves puissent apprendre une leçon sans contrainte de temps ou d’espace, tout en permettant aux enseignants de disposer d’innombrables ressources pour enrichir leur pratique pédagogique.

Côté profs

La plate-forme ChallengeU offre de multiples possibilités d’interaction.
Chaque professeur peut ainsi créer des séquences – c’est-à-dire du contenu – pour apporter des connaissances, faire réagir ou stimuler l’esprit critique des élèves.

Pour prendre l’exemple des mathématiques, vous pouvez ajouter du texte sous forme de fraction à résoudre où plusieurs choix multiples seront proposés, ou encore publier une photo de friandises en demandant aux membres du groupe comment répartir ceux-ci en 6 parts égales.
Leurs réponses pourront être du texte, mais aussi de la vidéo, des images, ou encore une brève rédaction.. bref vous l’aurez compris, le champ des possibles est aussi vaste que peuvent l’être vos objectifs pédagogiques.

Une fois votre séquence thématique élaborée et correctement nommée, vous pourrez vous atteler à la création de groupes, dont la procédure est très clairement expliquée dans la vidéo ci-dessous.
Cette étape permettra aux élèves, une fois leur compte ChallengeU finalisé, de recevoir les exercices à faire, et de suivre vos contenus.

Autre point important, lorsque vos élèves auront terminé la séquence, vous pourrez analyser individuellement leurs réponses au moyen d’un tableau très simple permettant de mieux comprendre leurs éventuelles erreurs et de commenter, si besoin est, les réponses fournies.

S’il vous est possible de créer des séquences pour vos élèves avec ChallengeU, les fonctionnalités ne s’arrêtent pas là!
Effectivement, si vous êtes intéressés par des contenus appartenant à d’autres auteurs, vous pouvez aisément les ajouter à vos propres séquences.
Ces productions, que vous pourrez trouver au moyen de mots clefs, ne sont cependant pas modifiables puisque appartenant à un autre utilisateur.

Côté élève

Les apprenants peuvent facilement retrouver le nom de leur professeur en utilisant la barre de recherche, afin de s’ajouter par la suite à un groupe d’élèves spécifique.
De ce fait, ils pourront retrouver toutes les activités publiées par leur enseignant dans leur fil d’abonnement.
Les publications étant, en outre, classées par ordre chronologique, l’élève peut aisément s’organiser en fonction de la date de rendu des devoirs.

Très ludique, la plate-forme permet une prise en main relativement instinctive, et il suffit de cliquer sur l’activité à faire pour la réaliser.
Après lecture des consignes, l’élève pourra ainsi répondre aux problématiques posées selon les modalités de réponses attendues, tout en formulant, s’il le souhaite, des remarques ou questions à son enseignant.

Si certains exercices ont un caractère obligatoire, l’élève peut aussi décider de son plein gré d’améliorer certaines de ses compétences en réalisant des exercices libres, provenant d’autres contributeurs.

Mon opinion

Je salue véritablement cette initiative que je trouve très moderne!
J’apprécie particulièrement le fait que le savoir s’affranchisse des murs de la classe, et soit disponible sur les outils médiatiques utilisés par la plupart des jeunes.

L’éducation aux médias n’est pas toujours chose aisée, notamment pour les professeurs qui n’ont pas nécessairement toutes les clefs en main pour la mettre en pratique.
Aussi, cette plate-forme est, je pense, un excellent moyen d’entre-aide et une bonne source d’inspiration.

Le point qui me semble le plus intéressant demeure la liberté d’action permise par ChallengeU, qui ne limite ni les professeurs, ni les élèves à un simple questionnaire en ligne.
Les modalités de réponses et d’apprentissage sont multiples, et si cela vous intéresse, je vous recommande de visionner cette vidéo qui donne un bel exemple des possibilités qu’offre cette plate-forme québecoise!

Lison Herledan pour jaiouiedire

Pas d’âge pour le codage!

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Coder à l’école c’est possible!
Comme nous le montre la vidéo suivante, les plus grands entrepreneurs du web de Bill Gates, à Mark Zuckerberg en passant par Jack Dorsey pour ne citer qu’eux, se sont familiarisés tôt avec l’univers informatique.
Si le codage était avant tout un passe temps aux débuts modestes, le procédé aux possibilités illimitées leur a permis d’atteindre la notoriété que nous leur prêtons aujourd’hui.

La liberté de créer, enseignée aux plus jeunes

La programmation dans le domaine informatique, est l’ensemble des activités qui permettent l’écriture des programmes informatiques. C’est, en somme, une étape importante du développement de logiciels.

Il faut savoir qu’un programme est écrit grâce à un langage de programmation, qui diffère selon le logiciel que l’on cherche à élaborer.
Les jeux, applications, réseaux sociaux, etc sont ainsi issus de ce procédé.

Le site code.org, nous apprend à raisonner en langage « coding » via une série d’exercices permettant d’en comprendre les principes de bases.
L’idée n’est pas de maîtriser les rudiments de cette langue informatique en quelques séances, mais bien d’en avoir une première approche en se familiarisant avec sa logique.

Les espaces élèves et enseignants vous seront proposés sur la plate-forme, et vous aurez également l’opportunité de vous exercer durant une heure, aux côtés des personnages du dessin animé La reine de Neige.

Pas à pas, les exercices vous apprendront à déplacer les personnages selon des directions, des angles et des fréquences particulières.
Les consignes sont énoncées très clairement, et l’on se surprend à ressentir une certaine fierté à la vue de l’étoile de neige crée par Elsa, suite à notre programmation.

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En bref

Ludique, créatif et enrichissant, je vous recommande chaudement ce site.
Le/La prochain(e) petit(e) génie informatique est peut être dans votre salle de classe!

26ème semaine de la presse et des médias à l’école: La liberté d’expression mode d’emploi

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Chaque année, du 23 au 28 mars, se déroule la semaine de la presse et des médias à l’école, placée cette année sous le signe de la liberté d’expression, suite aux attentats du 7 janvier dernier.
Retour sur les actions menées en Aquitaine.

De quoi parle t-on?

A l’initiative du ministère de l’Éducation nationale et coordonnée par le CLEMI (Centre de Liaison de l’Enseignement et Médias d’informations), la SPME a pour but de favoriser la rencontre entre le monde éducatif et les professionnels des médias, en développant chez les élèves une attitude critique vis-à-vis de l’information.

Il s’agit donc d’un temps fort dans la démarche d’éducation aux médias, qui a suscité l’engouement chez 583 établissements aquitains cette année, contre 515 l’an dernier. On en dénombre 85 en Dordogne, 249 en Gironde, 60 dans les Landes, 73 dans le Lot-et-Garonne, et 116 dans Pyrénées atlantiques.

La complexité du métier de journaliste

C’est au collège Aliénor d’Aquitaine, à Bordeaux, que cette 26ème édition a pris place.
5 ateliers de 50 minutes ont, à cette occasion, été proposés à 150 élèves inscrits, venus de toute la région pour l’occasion.

Peut-on vraiment tout dire et tout montrer ? Quels sont les risques du métier de journaliste ? Les images peuvent-elles nous manipuler ? Les questions, nombreuses, ont été éclairées des réponses de professionnels de l’information, venus apporter leur témoignage et faire part de leurs expériences.

Antoine Estève, correspondant d’I-Télé a ainsi abordé le fonctionnement des chaînes d’information en continu, et rejoint le point de vue de Jean-Charles Bouniol, enseignant à l’Institut de journalisme de Bordeaux Aquitaine, et formateur associé au CLEMI, sur l’importance de croiser les sources d’informations lors du travail journalistique.

Etienne Millien, journaliste du quotidien régional Sud-Ouest et délégué régional ARPEJ accompagné par un photographe, ont évoqué leur passion en précisant que l’actualité commençait « derrière la porte », encourageant les élèves à écrire sur les sujets qui les intéresse.

Lynda Méguenine, chargée de mission établissement Vie-Scolaire a quant à elle pu échanger avec les élèves autour du dessin de presse, en évoquant son histoire, sa provenance et ses messages.

Des ateliers qui font écho à celui de Marie-Christine Lipani, enseignante-chercheuse à l’Institut de journalisme de Bordeaux Aquitaine, qui rappelle que le journaliste, le dessinateur, le photographe et le citoyen sont dotés de droits et de devoirs.
A cette occasion, les termes diffamation, racisme, ou encore présomption d’innocence ont été explicités, afin que les collégiens puissent mesurer l’importance d’adopter un comportement responsable, notamment sur les réseaux sociaux.

Proposé par Caroline Sulek du réseau Canopé Gironde, un mur collaboratif alimenté en temps réel par les élèves, au moyen de tablettes numériques, a, pour finir, permis aux participants d’être acteurs du débat, et d’appréhender des techniques de communication innovantes.

Des initiatives nombreuses et variées

Une première journée riche en échanges et en découvertes, qui s’inscrit dans un ensemble d’actions menées au sein des établissements :

– Lundi 23 mars à 18h30 a eu lieu la première expérience de radio captée par les élèves de 5ème2 sur les usages d’internet, au collège Albert Camus de Bayonne

– Mardi 24 mars s’est déroulée une formation dispensée aux personnels le souhaitant sur « la culture numérique et internet responsable », au collège Léon Bérard de Saint-Palais

– Le collège Nelson Mandela de Floirac a, pour finir, accueilli des intervenants pour la réalisation d’une émission de radio en direct, mardi 24 mars

Ayant assisté à l’émission de radio de Floirac, ainsi qu’à la journée de lancement au collège Aliénor d’Aquitaine, cette 26ème édition fut, je peux vous l’assurer, pleine de découvertes et de rencontres!

Formatrice, enrichissante et pourquoi pas, vectrice de vocations, l’éducation aux médias suscite l’intérêt, tant chez les élèves que chez les professeurs.
Cette semaine est un bon début, mais doit s’inscrire dans un projet de plus grande envergure.
Reste à espérer que Madame Belkacem, Ministre de l’éducation, déploira les moyens nécessaires à la mise en place de cette discipline dans les programmes scolaires, qui devrait avoir lieu, selon son souhait, dés la rentrée prochaine.

Lison Herledan pour jaiouiedire