viensvoirmontaf, stages certifiés sans pistons

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« Comme on est petits, on nous dit qu’on n’a pas la maturité. J’ai déjà essayé de trouver des stages mais on m’a recalée à chaque fois » Tasnim 14 ans.

À 15 ans, on rêve parfois d’être journaliste, pompier, danseur. Mais on finit souvent par passer son stage de 3ème au Carrefour ou à la boulangerie du coin, quand on n’est pas «fils ou fille de ». Pour ceux qui veulent avoir ces expériences c’est cool, pour les autres, beaucoup moins.

Mélanie Taravant est consciente du problème. « Ce stage, tout le monde doit le faire, mais tout le monde ne le fera pas à l’endroit où il le souhaite car on ne grandit pas dans le même milieu. C’est une des premières grandes injustices qu’on connaît à l’école et ce n’est pas très engageant quant à l’avenir professionnel ».

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Accompagnée de deux autres fondateurs, cette journaliste de France 5 décide de prendre le problème à bras le corps, et créée en octobre 2015 l’association « Viensvoirmontaf ».

« De par ma profession, je connais beaucoup de monde. J’ai décidé de mettre ce réseau à disposition de ceux qui n’en ont pas, en l’occurrence les jeunes vivant en ZEP (Zone d’Éducation Prioritaire). 2 jeunes sur 3 sont enfants de parents inactifs ou ouvriers qui parlent parfois peu français et n’ont pas cette « culture de réseau ». »

Le principe du projet est simple : permettre aux collégiens et aux entreprises de secteurs variés d’entrer en contact par le biais d’un site internet. Plus de 120 structures volontaires ont déjà rempli leur profil, prêtes à accueillir un stagiaire.

Et l’expérience s’avère aussi positive pour l’un que pour l’autre. « Je me souviens de cette journaliste politique, arrivée à un point de sa carrière où elle se sentait complètement démotivée. Voir un jeune s’émerveiller des rencontres qu’elle faisait, des lieux où elle se rendait lui a fait prendre conscience que de sa chance d’être à ce poste. »

Sami, 14 ans, voulait quant à lui « être footballeur sinon rien », avant de réaliser qu’il aimait aussi écrire, parler… Son stage à la rédaction de Europe 1 a changé sa trajectoire puisqu’à la place d’une filière professionnelle choisie au hasard, il s’est redirigé vers une seconde générale avec l’objectif d’intégrer plus tard une école de journalisme.

Ces expériences, bien que courtes, permettent aussi de confronter la vision fantasmée d’un métier et la réalité du terrain. Une pierre non négligeable apportée à l’édifice de l’orientation, d’autant que l’équipe accompagne autant que possible les jeunes.

« À J-1 nous leur rappelons qu’ils ont stage le lendemain, à J+1 on vérifie que tout aille bien. Nous ne sommes pas là pour remplacer les professeurs ou les conseillers d’orientation, mais pour contribuer au système. »

Et ça marche. Basée sur Paris, l’asso compte se développer dans l’ensemble des villes de France !

Lison Herledan pour jaiouiedire

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Quand je serai grande…

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Que les filles veuillent être danseuse, infirmière ou maitresse n’est pas un problème. Qu’elles pensent ne pouvoir exercer QUE ces professions est autre chose. Marie et Amandine, étudiantes à LISAA graphisme de Paris lancent une application pour changer les choses. Elles racontent…

Naissance du projet

« Un beau jour on tombe par hasard sur un guide des métiers « pour les petites filles qui ne veulent pas finir princesses », les incitant à découvrir de nouvelles professions. L’ouvrage étant plutôt adressé aux ados, on se dit que le concept pourrait être adapté aux enfants, et quelques semaines plus tard on en fait notre projet de fin d’études. C’est rare qu’on parle des femmes astronautes ou archéologues qui ont marqué l’Histoire. Quand on voit qu’il n’y a que 3 femmes inhumées au Panthéon contre 72 hommes, on a le sentiment d’être invisibles. Alors qu’après quelques recherches sur internet et en bibliothèque on réalise que les femmes inspirantes font foison. Dur de n’en choisir que quelques-unes… Surtout que nous voulons qu’elles incarnent différentes époques, origines, professions. Pour ne pas se fixer d’objectifs démesurés on part sur l’histoire de deux d’entre elles. »

équipe

Le principe

« Pendant 4 mois, nous avons écrit deux histoires, illustrées de A à Z. La première raconte la vie d’O-El Hokusai qui peignait à 4 mains avec son père du même nom, dans le secret le plus total. Certaines estampes japonaises célèbres ont été réalisées de ses mains, pourtant on ne sait presque rien d’elle car à l’époque ce genre d’activité était mal vue pour une femme… Tout comme  Hagnodikè, protagoniste de notre deuxième histoire, qui, révoltée par la mauvaise prise en charge gynécologique des femmes, a dû se travestir en homme pour devenir médecin.

Plutôt que de raconter ces histoires comme dans un livre, nous avons voulu que l’enfant interagisse, d’où le choix de la tablette comme support. Quand Hagnodikè part suivre sa formation à l’autre bout de la Méditerranée, c’est l’enfant qui fait avancer son bateau en soufflant dans le micro. Même chose quand elle prend l’apparence d’un homme, un ciseau apparait et c’est à lui de couper les cheveux de la jeune femme. Il peut donc parfaitement être seul pour lire l’histoire, adaptée à des 6-10 ans. »

La suite

« Pour le moment notre projet n’est pas commercialisé car quelques modifications sont à faire. Nous aimerions par exemple ajouter un module « je lis accompagné de quelqu’un » qui enrichirait la lecture en dates clefs, explication de mots complexes et nouvelles interactions. Et puis, on veut aussi plus de retours des enfants ! D’autres tests sont prévus pour savoir ce qui leur plait, ce qui leur plait moins…Une fois qu’on aura réussi tout ça, on se lancera dans d’autres portraits. On en a plus d’une centaine en stock ! Si tout se passe bien on espère que l’appli sera dispo pour janvier 2017, mais pour y parvenir il va nous falloir des financements. C’est un gros investissement car on bosse sur le projet pendant notre temps perso, mais dire aux filles et aux garçons qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent, ça vaut le coup non ? »

 

Assurément ! On suit ça de près sur le compte Twitter @quandjeserai. D’ici là retrouvez-les au festival « I love Transmédia » du 29 septembre au 2 octobre 2016 à la Gaité Lyrique de Paris.

Lison Herledan pour jaiouiedire

Un court métrage, un souvenir douloureux.

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« Parce que ce sont des enfants on ne devrait pas prendre les attouchements au sérieux c’est ça ? » Quand le machisme s’immisce dans les cours de récrés…

Merci Monsieur Roulliat

Comme chaque jour ou à peu près, je surf sur internet, avec un but de départ très vite dissipé par un flot de grand n’importe quoi, dans lequel je me noie volontiers.

Une notification sur Facebook me sort de cet état de déperdition chronophage : un tagg d’une amie sous l’article « machisme ordinaire, un court métrage percutant sur l’injustice du sexisme »

Intriguée, je consacre alors deux minutes de mon temps au visionnage du travail de Fabrice Roulliat.
On peut y voir une jeune fille et un jeune garçon dans le bureau de la directrice, la jeune fille étant accusée d’avoir frappé son camarade de classe au visage.
Après quelques questions posées par la mère de la prétendue coupable afin de comprendre les agissements de sa fille, la petite, mal à l’aise, explique avoir subi plusieurs attouchements en classe de la part de son camarade.

Ses mains sur le genou, sur les cuisses, à plusieurs reprises, sans que le professeur ne sanctionne les gestes, ont poussé la fillette à réagir seule pour faire cesser ces violences.

Car oui, c’est bien de cela dont il s’agit; une fille n’est pas un terrain d’exploration qu’on peut expérimenter à sa guise, en se passant bien de son opinion sur le sujet.

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En visionnant ce court métrage, un souvenir m’est revenu, souvenir que mon esprit à certainement pris le soin d’enterrer au fond de ma mémoire, mais qui a marqué pendant plusieurs années mon passage en primaire.

J’étais en CE1, un nouveau était arrivé dans ma classe et s’était très rapidement affilié à un groupe d’éléments perturbateurs.
Mon père l’aimait bien, il lui faisait penser à lui lorsqu’il était jeune, alors par extension, je suppose que je l’aimais bien également.
Un jour, je ne me souviens plus pourquoi ni comment c’est arrivé, le groupe de 3 a commencé à me menacer de me faire des « trucs » à la récréation.

J’étais totalement terrorisée à l’approche du retentissement de la sonnerie, à l’idée de me retrouver seule avec eux.
Alors j’essayais de me faire oublier, ou de leur parler d’autre chose pour qu’ils n’y pensent plus.
Parfois ça marchait, parfois non.

J’ai souvenir d’une fois particulièrement où je jouais tranquillement et je les ai vu arriver vers moi.
Ils m’ont tenu à deux pendant qu’un troisième me touchait au niveau du sexe en frottant sa main sur ma culotte.

Je me souviens de leurs rires et de leurs regards presque trop flippants pour être ceux d’enfants.

J’ai été très perturbée à la suite de cette agression, je savais que ce n’était pas normal mais je n’en ai jamais parlé à personne, car je ne comprenais pas pourquoi j’avais été la cible de leurs jeux malsains, et pourquoi ce gamin que mon père appréciait, à qui on filait des bonbecs sur le parking avait soudain eu l’envie de me faire ça.

J’y pensais chaque été, lorsqu’on allait sur l’île d’Oléron et qu’on passait devant une société nommée « Agresse » (véridique) .
J’avais l’impression, peut-être idiote, que chaque fois que je voyais ce mot,  ce que j’avais vécu allait de nouveau se produire à l’école.

Avec le temps je suppose que je me suis efforcée d’oublier. Mais ça ne veut pas dire que « ce n’était pas si grave ».
Je ressens la peur en y repensant, le malaise, l’angoisse, la honte.
Ces émotions qui sont similaires à celles que j’éprouve quand un homme se donne le droit de s’arrêter en pleine rue pour me dire qu’il verrait bien ma bouche enserrer sa bite.

Le harcèlement n’a pas d’âge, et il n’est pas toujours conscient.
Que tu aies des enfants, que tu travailles avec eux, que tu en sois un, ou que tu penses en avoir, ne banalise jamais la violence et ne te donne jamais le droit de jouer avec un corps qui ne t’appartient en aucun cas.

Lison Herledan pour jaiouiedire

 

Rocco Siffredi bientôt prof ?

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Moi, de bon matin, surfant sur le net, les yeux totalement embués (manière polie de nommer la tête dans le ***), un flot constant de titres, de mots, d’images et puis soudain…
Rocco Siffredi, prof d’éducation sexuelle. Bam. Pavé dans la marre.

Après la surprise vient l’intérêt

Si l’idée m’a d’abord fait sourire puis légèrement flipper, la question de fond est d’une importance capitale.
« La pornographie devrait être un divertissement, mais faute d’alternative, c’est devenu un moyen d’apprentissage surtout pour les jeunes », a dénoncé l’ancien acteur porno italien, en déplorant que la question de l’éducation sexuelle n’est pas toujours abordée dans les programmes scolaires, en l’occurrence en Italie. « Le sexe est encore tabou, alors que beaucoup ont besoin d’en parler, d’être écoutés et d’avoir des réponses », a-t-il finalement souligné.

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Rocco, cours n°1 : la taille du pénis

Pour une éducation à la sexualité

Le sexe et les multiples questions qui vont autour nous viennent forcément à l’esprit un jour ou l’autre, sans qu’on ait pour autant quelqu’un avec qui en parler.
Vous vous demandez si l’école a un rôle a jouer dans ce domaine ? Voici la réponse de l’Éducation Nationale :
L’École a, dans le cadre de sa mission éducative, une responsabilité propre vis à vis de la santé des élèves et de la préparation à leur future vie d’adulte. […] L’éducation à la sexualité y contribue de manière spécifique, en lien avec les enseignements. Elle est une démarche éducative qui concerne à la fois :

  • des questions de santé publique : grossesses précoces non désirées, infections sexuellement transmissibles, dont le VIH /sida 
  • la construction des relations entre les filles et les garçons et d’une culture de l’égalité
  • des problématiques relative aux violences sexuelles, à la pornographie ou encore à la lutte contre les préjugés sexistes ou homophobes.

En primaire, c’est au maître ou la maîtresse de classe d’instaurer la chose, et au collège/lycée, trois séances sont aménagées dans l’emploi du temps pour évoquer la question… enfin…en théorie.

À la pêche aux infos…

Vous l’aurez compris, la sexualité n’est abordée qu’en partie à l’école et trois séances sont bien évidemment largement insuffisantes pour comprendre ne serait-ce que l’essentiel.
Néanmoins cette première approche plutôt « sanitaire » est importante mais doit être complétée par un discours plus « pratique »-surtout à l’adolescence – pour être efficace, et l’école n’est pas vraiment le lieu pour ça.

Poser des questions sans être jugés, à un âge où admettre qu’on ne sait pas te fait passer pour un loser, c’est un peu dur dur.
Pourtant tout le monde est dans la même galère, même ton pote de 3ème qui te dit être un as de la chose, et qui a eu un nombre incalculable de rapports, toujours pendant des fêtes, à l’autre bout de la France et ce, pendant les vacances, bien sûr.

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Démasqué(e) tu es…

Pour ne pas paraître incultes, pour se renseigner, se découvrir ou encore pour « préparer » la première fois, beaucoup d’adolescents cherchent des réponses à leurs questions, via la pornographie ou les émissions de libre antenne, le soir à la radio.

Mon avis

Ces pratiques sont pour moi totalement normales, ce qui me gêne davantage en revanche c’est le contenu de ces programmes, trop souvent stéréotypés et renvoyant une certaine image normée du corps, du plaisir, du rapport à soi et à l’autre.

L’idéal serait de développer un porno plus diversifié, moins hétéro-normé et moins sexiste, représentant des corps différents, et des rapports non focalisés exclusivement sur le plaisir de l’homme.
Il en est de même pour les émissions de libre antenne qui, sans perdre leur côté subversif, pourraient pour certaines être moins genrées… À quand ce genre d’émission pour les ados ?

Il ne faut pas oublier que, même si chacun a un recul sur ce qu’il voit ou entend, certains contenus peuvent faire naître des complexes ou véhiculer une idée de performance, qui laissent des traces à l’âge adulte.
Pêle mêle, la fellation est un dû, l’épilation est une obligation, si la femme cri elle jouit, minimum 3 positions différentes par rapport, ne pas coucher tous les jours est une anomalie…
Tout un tas d’impératifs qui rendent souvent plus malheureux qu’autre chose.

Pour finir, faire connaître ces nouveaux contenus aux ados – car oui faites vous à l’idée qu’ils consommeront un jour ou l’autre du porno alors autant que ce soit quelque chose de positif pour la construction de leur sexualité – et rassurer les parents en dédramatisant la consommation du X me semblent être deux éléments fondamentaux.

On aurait tout à gagner et ça éviterait de tomber sur des infographies comme celle-là, un peu inquiétante quant aux connaissances sur le clitoris…

Lison Herledan pour jaiouiedire

Expliquer l’inexpliquable aux enfants

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Les événements tragiques qui ont à nouveau frappé la France ce vendredi 13 novembre 2015 doivent être abordés avec précaution auprès des enfants.
Voici quelques éléments à prendre en compte:

Protéger sans censurer

  • L’enfant a été ou sera exposé médiatiquement ou socialement – notamment via ses camarades – aux faits. Il n’est donc pas judicieux de vouloir le tenir à distance des événements tragiques pour chercher à le protéger. Ce moment arrivera, il faut donc l’y préparer au mieux.
  • L’événement étant particulièrement récent, un flot d’informations, de mots, d’images, et de réactions de l’entourage vont affluer. Éloignez vos enfants des chaines d’information en continu: les surexposer à la violence n’entrainera rien d’autre que la peur et l’angoisse.

Adaptez-vous à votre enfant

  • Un enfant surmédiatisé ne veut pas dire en enfant surinformé. Prenez en considération l’âge de votre enfant et son niveau de connaissance sur le sujet, pour expliquer les termes inconnus, les concepts clefs, et éviter ainsi toute mauvaise interprétation de l’information,
  • Donnez un cadre géographique et temporel en resituant les événements dans un contexte précis,
  • Acceptez votre propre niveau de connaissance des événements. Les informations fusent mais ne sont pas toutes fiables. N’hésitez pas à dire à votre enfant que vous n’êtes pas en mesure de répondre à sa question pour le moment, mais que les journalistes enquêtent pour en savoir plus, et que vous l’informerez dés que les choses seront plus claires.

Instaurez le dialogue

  • Considérez votre enfant comme un interlocuteur à part entière et laissez lui vous poser toutes ses interrogations et exprimer toutes ses remarques, en étant à l’écoute et en répondant selon votre niveau de connaissances des événements,
  • Respectez l’émotion et la sensibilité de votre enfant. Ne forcez pas le dialogue et n’allez pas au-delà de ce que l’enfant souhaite exprimer. Si l’enfant ne souhaite pas s’exprimer verbalement, offrez lui la possibilité d’extérioriser autrement (dessins, chanson…),
  • N’imposez pas votre ressenti à vos enfants. Ce qui a retenu votre attention ou vous a choqué ne sera pas forcément similaire à ce qui a marqué votre enfant,
  • Ne politisez pas vos enfants ! Votre avis et vos convictions doivent rester en dehors du dialogue,
  • Restez clair et évitez les raccourcis simplistes,
  • N’édulcorez pas la réalité, et restez rationnel. Si vous mentez, vos enfants n’auront plus confiance en vous et si vous amplifiez la situation, dépassez par vos propres peurs, vous leur transmettrez vos angoisses. Efforcez-vous de rester neutre et tenez-vous en aux faits.

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Rassurez vos enfants

  • Évoquez la solidarité mise en place après et pendant ces événements tragiques au travers des dons massifs de sang pour aider les victimes, du hashtag #PorteOuverte, hébergeant les parisiens proches des zones à risque, des forums dédiés aux personnes souhaitant mettre des mots sur ces événements, ou encore les numéros spéciaux pour retrouver des proches ne donnant pas de nouvelles,
  • Mettez bien sûr en avant le travail des forces de l’ordre, des politiques, des médecins, chirurgiens, et infirmiers qui nous protègent et nous aident dans ces moments, et œuvrent à ce que cela ne se reproduise plus.

L’après

  • Pour finir, continuez de vivre. Cet événement est tragique et il ne s’agit pas de l’effacer une fois le dialogue effectué, mais il ne doit pas paralyser votre vie et devenir un élément central au risque d’instaurer un climat d’insécurité permanent, nuisible au bon développement de votre enfant,
  • Surveillez ses réactions et demandez lui si le sujet a été abordé à l’école avec ses enseignants et camarades, et la manière dont cela s’est déroulé,
  • Soyez attentif aux changements de comportement, d’humeur, pertes d’appétit ou éventuelles attitudes de repli sur soi.

Quelques ressources pour vous aider

Les journaux d’information pour enfants et adolescents mettent en place des # sur Twitter pour répondre aux questions des jeunes: @petitquotidien, @MilanJeunesse
Un numéro spécial du magazine Okapi sur le fanatisme: Okapi-Pourquoi-y-a-t-il-des-fanatiques
Ressources d’Educsol

Ces recommandations sont des conseils, mais chaque famille, chaque enseignant, chaque animateur ou éducateur et plus généralement, chaque personne travaillant de près ou de loin avec les publics jeunes, appréhende la question selon ses moyens.
Je vous souhaite à tous beaucoup de courage et admire plus que jamais votre travail dans ces moments où mettre des mots sur les maux s’avèrent être une véritable épreuve.

Lison Herledan pour jaiouiedire

Education VS culture du viol

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J’ai beaucoup hésité à écrire sur ce sujet dans le cadre de mon blog. Et pourtant ! L’éducation ne se limite pas aux murs de la classe, et concerne des domaines aussi variés que le rapport à la société, le rapport à soi ou encore le rapport à l’autre…alors allons-y.

La culture du viol

Voilà plusieurs années que je prends conscience d’un phénomène de société qui tend à justifier, banaliser voire accepter des actes violents commis en majeure partie contre les femmes.
« Suce moi je suis sûr que tu aimes ça, avaler », « ta bouche de suceuse compense tes p’tits seins, après tout, si jte baise par derrière, jles verrai pas« , « sac à viols » sont autant de phrases qu’une femme peut entendre dans les transports, la rue, son hall d’immeuble, en allant mettre les poubelles, faire son jogging ou travailler, et ce, parfois plusieurs fois par jour et par semaine…
Effrayant non ? Et pourtant, on va presque toujours remettre en question non pas le comportement de l’agresseur – car oui, il s’agit d’une agression – mais l’attitude de l’agressée.
« Mais tu étais habillée comment ? », « C’est ta faute aussi, quelle idée de sortir à cette heure là ?! »
Comme si l’agression vécue n’avait pas été assez forte, la victime se voit culpabiliser au lieu de trouver auprès de l’entourage le soutien recherché.

De même quand une femme parle du harcèlement de rue, de l’agression et de l’humiliation qu’elle subit quotidiennement, on la taxe d’affabulatrice ou d’en rajouter des tonnes.
De même également lorsqu’une femme parle de ses mœurs sexuelles, elle sera qualifiée de « salope » là où un homme sera acclamé pour sa virilité. Égalité quand tu nous tiens…

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La honte doit changer de camp

Ces comportements ignobles et cette pierre que l’on jette sans cesse aux femmes me choquent profondément.
Mais ce qui m’angoisse encore davantage c’est de voir que nos enfants grandissent dans ce contexte, où l’on encourage toujours les filles à la prudence, les plaçant en victimes, mais où l’on n’apprend jamais aux garçons le respect.
Récemment, un membre de mon entourage âgé de 14 ans, a qualifié « d’amusante » la vidéo de l’animateur radio Guillaume Pley, consistant à embrasser sans leurs consentements et après plusieurs questions gênantes, des jeunes filles seules, croisées dans la rue.
« Ce n’est qu’un bisou », « c’est bon ça fait plaisir, ça veut dire que t’es jolie ». Non. Non et NON. Le fait est que l’accord et l’avis de la personne passent complètement à la trappe dans cette situation, véhiculant l’idée qu’on peut se passer du consentement d’autrui. Ces agissements deviennent terriblement banalisés.

Éduquer à la citoyenneté c’est avant tout apprendre aux élèves à se respecter et à respecter les autres, en étant à même d’identifier les situations inacceptables et à y faire face.
J’ai beaucoup souffert de cette contradiction entre la violence subite – du simple fait d’être née fille – et ma soit disant responsabilité dans ces agressions.
Beaucoup de jeunes filles endurent ces comportements, et beaucoup de jeunes garçons ignorent la situation actuelle.
Il est du devoir des enseignants, animateurs, encadrants, de travailler sur ces questions pour que chacun puisse évoluer dans un contexte égalitaire, en pleine connaissance de ses droits et devoirs.
Les chansons, vidéos populaires auprès des adolescents etc…peuvent être des supports de discussion et de débat intéressants pour aborder ces questions.
Plus qu’une anecdote, il s’agit d’un phénomène social, aux conséquences graves sur l’estime de soi, l’ambition, et le bien-être de façon générale.

Chacun a un rôle un jouer pour déconstruire la culture du viol. N’oublions pas que l’ignorer c’est la renforcer.

Lison Herledan pour jaiouiedire

– Images Colère: Nom féminin –

Challenge U, futur réseau social d’éducation?

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On utilise Facebook pour les relations amicales, Twitter pour le partage d’informations, LinkedIn pour entretenir son réseau professionnel, ou encore Youtube pour diffuser des vidéos.
Mais qu’en est-il des plate-formes d’échanges, spécifiques au domaine de l’éducation?

ChallengeU, vers une collaboration sans frontières

Initialement pensée par David Chartrand en 2009 avant d’être réformée en 2013, cette plate-forme québecoise part d’un constat simple: les nouvelles technologies rythment nos quotidiens et modifient par la même, notre manière d’appréhender l’information.

Les élèves hyper-connectés munis de smartphones ou de tablettes étant en effet monnaie courante dans nos sociétés, il apparaît comme nécessaire d’adapter l’enseignement à ces nouvelles pratiques technologiques, pour permettre à l’éducation d’être plus en phase avec les besoins et attentes des apprenants.

L’objectif de ChallengeU est double, puisqu’il vise à mettre en ligne des contenus pédagogiques thématiques, afin que les élèves puissent apprendre une leçon sans contrainte de temps ou d’espace, tout en permettant aux enseignants de disposer d’innombrables ressources pour enrichir leur pratique pédagogique.

Côté profs

La plate-forme ChallengeU offre de multiples possibilités d’interaction.
Chaque professeur peut ainsi créer des séquences – c’est-à-dire du contenu – pour apporter des connaissances, faire réagir ou stimuler l’esprit critique des élèves.

Pour prendre l’exemple des mathématiques, vous pouvez ajouter du texte sous forme de fraction à résoudre où plusieurs choix multiples seront proposés, ou encore publier une photo de friandises en demandant aux membres du groupe comment répartir ceux-ci en 6 parts égales.
Leurs réponses pourront être du texte, mais aussi de la vidéo, des images, ou encore une brève rédaction.. bref vous l’aurez compris, le champ des possibles est aussi vaste que peuvent l’être vos objectifs pédagogiques.

Une fois votre séquence thématique élaborée et correctement nommée, vous pourrez vous atteler à la création de groupes, dont la procédure est très clairement expliquée dans la vidéo ci-dessous.
Cette étape permettra aux élèves, une fois leur compte ChallengeU finalisé, de recevoir les exercices à faire, et de suivre vos contenus.

Autre point important, lorsque vos élèves auront terminé la séquence, vous pourrez analyser individuellement leurs réponses au moyen d’un tableau très simple permettant de mieux comprendre leurs éventuelles erreurs et de commenter, si besoin est, les réponses fournies.

S’il vous est possible de créer des séquences pour vos élèves avec ChallengeU, les fonctionnalités ne s’arrêtent pas là!
Effectivement, si vous êtes intéressés par des contenus appartenant à d’autres auteurs, vous pouvez aisément les ajouter à vos propres séquences.
Ces productions, que vous pourrez trouver au moyen de mots clefs, ne sont cependant pas modifiables puisque appartenant à un autre utilisateur.

Côté élève

Les apprenants peuvent facilement retrouver le nom de leur professeur en utilisant la barre de recherche, afin de s’ajouter par la suite à un groupe d’élèves spécifique.
De ce fait, ils pourront retrouver toutes les activités publiées par leur enseignant dans leur fil d’abonnement.
Les publications étant, en outre, classées par ordre chronologique, l’élève peut aisément s’organiser en fonction de la date de rendu des devoirs.

Très ludique, la plate-forme permet une prise en main relativement instinctive, et il suffit de cliquer sur l’activité à faire pour la réaliser.
Après lecture des consignes, l’élève pourra ainsi répondre aux problématiques posées selon les modalités de réponses attendues, tout en formulant, s’il le souhaite, des remarques ou questions à son enseignant.

Si certains exercices ont un caractère obligatoire, l’élève peut aussi décider de son plein gré d’améliorer certaines de ses compétences en réalisant des exercices libres, provenant d’autres contributeurs.

Mon opinion

Je salue véritablement cette initiative que je trouve très moderne!
J’apprécie particulièrement le fait que le savoir s’affranchisse des murs de la classe, et soit disponible sur les outils médiatiques utilisés par la plupart des jeunes.

L’éducation aux médias n’est pas toujours chose aisée, notamment pour les professeurs qui n’ont pas nécessairement toutes les clefs en main pour la mettre en pratique.
Aussi, cette plate-forme est, je pense, un excellent moyen d’entre-aide et une bonne source d’inspiration.

Le point qui me semble le plus intéressant demeure la liberté d’action permise par ChallengeU, qui ne limite ni les professeurs, ni les élèves à un simple questionnaire en ligne.
Les modalités de réponses et d’apprentissage sont multiples, et si cela vous intéresse, je vous recommande de visionner cette vidéo qui donne un bel exemple des possibilités qu’offre cette plate-forme québecoise!

Lison Herledan pour jaiouiedire