viensvoirmontaf, stages certifiés sans pistons

logo redimensionné

« Comme on est petits, on nous dit qu’on n’a pas la maturité. J’ai déjà essayé de trouver des stages mais on m’a recalée à chaque fois » Tasnim 14 ans.

À 15 ans, on rêve parfois d’être journaliste, pompier, danseur. Mais on finit souvent par passer son stage de 3ème au Carrefour ou à la boulangerie du coin, quand on n’est pas «fils ou fille de ». Pour ceux qui veulent avoir ces expériences c’est cool, pour les autres, beaucoup moins.

Mélanie Taravant est consciente du problème. « Ce stage, tout le monde doit le faire, mais tout le monde ne le fera pas à l’endroit où il le souhaite car on ne grandit pas dans le même milieu. C’est une des premières grandes injustices qu’on connaît à l’école et ce n’est pas très engageant quant à l’avenir professionnel ».

viensvoirmontaff

Accompagnée de deux autres fondateurs, cette journaliste de France 5 décide de prendre le problème à bras le corps, et créée en octobre 2015 l’association « Viensvoirmontaf ».

« De par ma profession, je connais beaucoup de monde. J’ai décidé de mettre ce réseau à disposition de ceux qui n’en ont pas, en l’occurrence les jeunes vivant en ZEP (Zone d’Éducation Prioritaire). 2 jeunes sur 3 sont enfants de parents inactifs ou ouvriers qui parlent parfois peu français et n’ont pas cette « culture de réseau ». »

Le principe du projet est simple : permettre aux collégiens et aux entreprises de secteurs variés d’entrer en contact par le biais d’un site internet. Plus de 120 structures volontaires ont déjà rempli leur profil, prêtes à accueillir un stagiaire.

Et l’expérience s’avère aussi positive pour l’un que pour l’autre. « Je me souviens de cette journaliste politique, arrivée à un point de sa carrière où elle se sentait complètement démotivée. Voir un jeune s’émerveiller des rencontres qu’elle faisait, des lieux où elle se rendait lui a fait prendre conscience que de sa chance d’être à ce poste. »

Sami, 14 ans, voulait quant à lui « être footballeur sinon rien », avant de réaliser qu’il aimait aussi écrire, parler… Son stage à la rédaction de Europe 1 a changé sa trajectoire puisqu’à la place d’une filière professionnelle choisie au hasard, il s’est redirigé vers une seconde générale avec l’objectif d’intégrer plus tard une école de journalisme.

Ces expériences, bien que courtes, permettent aussi de confronter la vision fantasmée d’un métier et la réalité du terrain. Une pierre non négligeable apportée à l’édifice de l’orientation, d’autant que l’équipe accompagne autant que possible les jeunes.

« À J-1 nous leur rappelons qu’ils ont stage le lendemain, à J+1 on vérifie que tout aille bien. Nous ne sommes pas là pour remplacer les professeurs ou les conseillers d’orientation, mais pour contribuer au système. »

Et ça marche. Basée sur Paris, l’asso compte se développer dans l’ensemble des villes de France !

Lison Herledan pour jaiouiedire

Un court métrage, un souvenir douloureux.

logo redimensionné

« Parce que ce sont des enfants on ne devrait pas prendre les attouchements au sérieux c’est ça ? » Quand le machisme s’immisce dans les cours de récrés…

Merci Monsieur Roulliat

Comme chaque jour ou à peu près, je surf sur internet, avec un but de départ très vite dissipé par un flot de grand n’importe quoi, dans lequel je me noie volontiers.

Une notification sur Facebook me sort de cet état de déperdition chronophage : un tagg d’une amie sous l’article « machisme ordinaire, un court métrage percutant sur l’injustice du sexisme »

Intriguée, je consacre alors deux minutes de mon temps au visionnage du travail de Fabrice Roulliat.
On peut y voir une jeune fille et un jeune garçon dans le bureau de la directrice, la jeune fille étant accusée d’avoir frappé son camarade de classe au visage.
Après quelques questions posées par la mère de la prétendue coupable afin de comprendre les agissements de sa fille, la petite, mal à l’aise, explique avoir subi plusieurs attouchements en classe de la part de son camarade.

Ses mains sur le genou, sur les cuisses, à plusieurs reprises, sans que le professeur ne sanctionne les gestes, ont poussé la fillette à réagir seule pour faire cesser ces violences.

Car oui, c’est bien de cela dont il s’agit; une fille n’est pas un terrain d’exploration qu’on peut expérimenter à sa guise, en se passant bien de son opinion sur le sujet.

film_roulliat

En visionnant ce court métrage, un souvenir m’est revenu, souvenir que mon esprit à certainement pris le soin d’enterrer au fond de ma mémoire, mais qui a marqué pendant plusieurs années mon passage en primaire.

J’étais en CE1, un nouveau était arrivé dans ma classe et s’était très rapidement affilié à un groupe d’éléments perturbateurs.
Mon père l’aimait bien, il lui faisait penser à lui lorsqu’il était jeune, alors par extension, je suppose que je l’aimais bien également.
Un jour, je ne me souviens plus pourquoi ni comment c’est arrivé, le groupe de 3 a commencé à me menacer de me faire des « trucs » à la récréation.

J’étais totalement terrorisée à l’approche du retentissement de la sonnerie, à l’idée de me retrouver seule avec eux.
Alors j’essayais de me faire oublier, ou de leur parler d’autre chose pour qu’ils n’y pensent plus.
Parfois ça marchait, parfois non.

J’ai souvenir d’une fois particulièrement où je jouais tranquillement et je les ai vu arriver vers moi.
Ils m’ont tenu à deux pendant qu’un troisième me touchait au niveau du sexe en frottant sa main sur ma culotte.

Je me souviens de leurs rires et de leurs regards presque trop flippants pour être ceux d’enfants.

J’ai été très perturbée à la suite de cette agression, je savais que ce n’était pas normal mais je n’en ai jamais parlé à personne, car je ne comprenais pas pourquoi j’avais été la cible de leurs jeux malsains, et pourquoi ce gamin que mon père appréciait, à qui on filait des bonbecs sur le parking avait soudain eu l’envie de me faire ça.

J’y pensais chaque été, lorsqu’on allait sur l’île d’Oléron et qu’on passait devant une société nommée « Agresse » (véridique) .
J’avais l’impression, peut-être idiote, que chaque fois que je voyais ce mot,  ce que j’avais vécu allait de nouveau se produire à l’école.

Avec le temps je suppose que je me suis efforcée d’oublier. Mais ça ne veut pas dire que « ce n’était pas si grave ».
Je ressens la peur en y repensant, le malaise, l’angoisse, la honte.
Ces émotions qui sont similaires à celles que j’éprouve quand un homme se donne le droit de s’arrêter en pleine rue pour me dire qu’il verrait bien ma bouche enserrer sa bite.

Le harcèlement n’a pas d’âge, et il n’est pas toujours conscient.
Que tu aies des enfants, que tu travailles avec eux, que tu en sois un, ou que tu penses en avoir, ne banalise jamais la violence et ne te donne jamais le droit de jouer avec un corps qui ne t’appartient en aucun cas.

Lison Herledan pour jaiouiedire

 

Les youtubeurs, cette ressource éducative

logo redimensionné

Tutos, GIF animés, vidéos de chatons, encyclopédie collaborative…
Kamoulox? Même pas! Ceci n’est qu’un extrait de ce qu’on peut trouver sur le vaste internet.
Comme je le clame depuis plusieurs posts déjà, cet outil est fantastique – n’en déplaise à certains – et si l’on peut y trouver le pire, le meilleur s’y cache également, notamment en termes éducatifs, pour peu que l’on sache où chercher!

Youtubeurs et vulgarisation des savoirs

Vous connaissez certainement Cyprien ou Norman, qui ont contribué a populariser les formats humoristiques courts sur Youtube.
Mais Axolot, Dirtybiology ou encore Nota Bene vous sont-ils aussi familiers? Peut-être pas!
Pourtant ces chaines, récentes pour la plupart, sont une véritable mine d’or pour la vulgarisation des savoirs, abordant des questions complexes dans des vidéos variant selon les youtubeurs, de 5 à 20 minutes.
Sans plus attendre je vous propose une petite séance de récap’, histoire de vous présenter tout ce beau monde.

Axolot

Tirée du nom de l’axolotl (avec un l) – une petite créature étrange à mi-chemin entre la salamandre et le pokémon – la chaine de Patrick Baud est incontestablement ma préférée.
Graphiste de formation, le jeune homme a tout d’abord tenu une émission de radio à la fin des années 2000, avant de concevoir un bon nombre de vidéos, très largement acclamées à chaque nouvelle sortie.

Tout cela est bien beau me direz-vous, mais en quoi cela peut intéresser mes élèves ou enfants? Eh bien ces vidéos traitent de diverses thématiques tournant autour de l’étrange, de l’inédit, du méconnu.
Axolot, c’est un concentré d’anecdotes sur le monde, ses mystères et secrets, un vrai bouillon de culture générale fort enrichissant.
Des savants fous sacrifiés pour la science, aux choses improbables se trouvant sur la Lune, vous serez toujours surpris par ces vidéos très bien documentées, qui captiveront à coup sûr vos jeunes publics. Attention néanmoins à la dernière vidéo contenant un avertissement, du fait du sujet traité!

Dirtybiology

« A quoi sert un pénis? », « Enfers artificiels », « Faites des enfants avec vos cousins », je vous sens déjà pâlir derrière votre écran, vous demandant si je n’ai pas malencontreusement fait erreur en insérant le lien, ou si tout simplement je ne nage pas en plein délire en vous conseillant cette chaîne.
Point du tout, Léo Grasset maitrise parfaitement les sujets biologiques, et fait preuve d’un humour et d’une pertinence assez balèze pour traiter de sujets franchement pas simples.
Ludique dans la forme, précis sur le fond, ses vidéos utilisant les codes « geeks » seront particulièrement appréciées des ados.

Nota Bene

Histoire maintenant avec la chaine du susnommé Bénabarbe! Le but ici est de faire découvrir de nombreux sujets en rapport avec l’histoire de façon légère et compréhensible.
Anecdotes, sujets de société, mythologie, on en apprend beaucoup sans se sentir violenté par une déferlante de dates.
Pour les amateurs de séries, vous pourrez même trouver une vidéo portant sur l’histoire dont s’inspire Game Of Thrones pour développer ses intrigues.

Mention spéciale également pour les vidéos « Kids » répondant aux questions que se posent les enfants sur divers points de l’histoire. Avec une moyenne de trois minutes, le pari pour répondre de manière claire et précise à ces interrogations est relevé haut la main par Nota Bene.
Pour participer avec votre classe ou vos enfants et envoyer vos questions, toutes les explications se trouvent à la fin de cette vidéo.

Convaincu?

Ces vidéos peuvent vous servir de support pour introduire ou résumer des thématiques, ainsi que pour apporter des précisions et des éléments de réflexion supplémentaires.
Si le ton peut au premier abord vous paraitre trop léger, il n’en est rien. Ces vidéos sont de grande qualité, réalisées par des personnes compétentes dans leur domaine.

A noter que ces trois chaines sont une sélection personnelle, mais il en existe de multiples autres telles que e-penser pour les questions diverses et variées, Histoire Brève et le cartographe, sur les sujets historiques, ou encore Usul2000 pour les thématiques de société (politique, éducation civique…)
Reste à espérer que les femmes s’emparent également de ce phénomène, afin de montrer aux plus jeunes que l’égalité se traduit aussi dans le domaine de la « web vulgarisation »!

Pour finir, vos élèves ou enfants apprécieront particulièrement le fait que vous exploitiez un domaine qui peut sembler réservé à la génération Y ou Z, alors n’hésitez pas à vous lancer!

Lison Herledan pour jaiouiedire

Babytwit, twitter à hauteur d’enfants

logo redimensionné

L’essor des réseaux sociaux a fait émerger avec lui de nouvelles pratiques, notamment dans le domaine éducatif.
Si les usages du numérique à l’école sont multiples, certains enseignants restent encore réfractaires à l’idée d’adopter ces outils de communication au sein des salles de classe, pour des raisons bien précises.

Où vont les données mises en ligne? L’accès à ces contenus est-il strictement réservé aux membres? Comment modérer les échanges au sein du réseau?

Autrement dit, n’est-ce pas mettre l’élève en danger que de l’exposer dès son plus jeune âge aux géants Facebook ou Twitter?  Ne contribue-t-on pas au fichage de nos chers têtes blondes en les laissant gambader librement dans la jungle des posts, statuts et autres tweets qui peuplent nos contrées virtuelles?

S’il n’y a pas de réponse tranchée à ces questions, mon avis serait simplement de dire que OUI, il peut y avoir de mauvaises utilisations des réseaux sociaux – comme cela peut être le cas de n’importe quel outil dont on détourne l’usage – et OUI, nous ne contrôlons pas totalement les données que nous diffusons.
Et c’est précisément pour CES raisons qu’il faut éduquer au numérique, car que nous le voulions ou non, les enfants seront amenés à utiliser les réseaux tôt ou tard.

Éduquer plutôt qu’interdire

Babytwit est visiblement plutôt de mon côté.
Qu’entends-je? Ce doux nom ne vous évoque rien de familier?
Vous qui fuyez le réseau social comme la peste, je vous propose tout de suite une petite équation bien parlante.

Communication entre élèves + Maîtrise des données + Interface évolutive = Babytwit!
En somme, il s’agit d’un Twitter pour les 3-13 ans, porté par un internet libre, éthique et responsable.

Il semblerait que vos prières aient été entendues puisque ce tout jeune réseau né en 2012, porté par RyXéo et l’association Abuledu-fr.org, est hébergé en France sur le serveur de l’association, garanti sans publicités intempestives.
Le must, j’vous dis.

L’antichambre des réseaux sociaux

L’objectif de Babytwit est de responsabiliser des jeunes, en leur permettant d’acquérir une pratique réfléchie et avertie des réseaux.
À la manière d’un champion qu’on entraînerait avant son premier match, les élèves se forment à la communication numérique, avant de passer dans la cour des grands.
Mais les bienfaits ne s’arrêtent pas là puisque, plus qu’un excellent coach numérique, le réseau est surtout une formidable plate-forme collaborative avec de nombreuses applications pédagogiques en lien direct avec les programmes scolaires.

User de Babytwit n’a donc rien d’une pratique fantaisiste, ou, comme certains pourraient le penser, d’une petite lubie 2.0.
Rappelons qu’inclure les médias dans les programmes n’est pas superflu mais essentiel, à l’heure où les futurs recruteurs attendent des jeunes qu’ils maîtrisent parfaitement les nouvelles technologies.
Et attention, si les jeunes sont certes tombés dans la « marmite web » très tôt, ils n’en maîtrisent pas pour autant les usages. Un coup de main de l’école n’est donc, croyez moi, pas de trop.

Communauté de faiseurs

Ne vous habituez tout de même pas trop à son petit nom car il est sur le point de changer.
Jugé trop infantilisant par les élèves eux-mêmes, le prochain patronyme va être soumis au vote, comme bien d’autres éléments de la plate-forme, car c’est là son intérêt, elle n’est pas figée et s’adapte aux besoins et envies de ses utilisateurs.

Comme l’explique Céline Souleille, professeur à l’école Curie de Floirac (33),

« l’interface évolue avec les enfants, on peut modifier ce qu’on veut, c’est eux qui porte le projet »

Les jeunes travaillent sur la plate-forme mais aussi, vous l’aurez bien compris, avec celle-ci.
Le système étant à mi-chemin entre Twitter et un blog – micro blog pour les intimes – les caractères ne sont pas nécessairement limités, offrant ainsi des possibilités d’écriture intéressantes.
Sur le même principe que les comités de rédactions, Madame Souleille réunit ainsi plusieurs fois par semaine ses élèves afin de connaître les thématiques à traiter, et s’étonne toujours à quel point le fait d’être publié et lu démultiplie les capacités des apprenants, notamment concernant l’orthographe et la rédaction.

Cet outil de communication a permis aux élèves d’améliorer leurs compétences, en coopérant également avec les autres, soit près de 250 classes inscrites, principalement en France et au Québec.

« Pour la rédaction d’une pièce de théâtre nous cherchons des synonymes de « dire »  » 
« Nous souhaitons cartographier les spécialités régionales françaises, quelles sont les vôtres? Aidez-nous! »

Des échanges à foison sur des thématiques diverses, qui permettent d’accentuer et d’étendre encore davantage, l’entre-aide qui existait déjà dans les classes.
Si cette expérience enrichissante vous tente, il vous suffit de créer un compte, de laisser libre cours à votre imagination, et surtout d’être à l’écoute de celle de vos élèves!

Lison Herledan pour jaiouiedire

Etudier ou dormir, il faut choisir

logo redimensionné

Qui n’a jamais rêvé d’un jour de pause supplémentaire entre le dimanche et le lundi, ou de quelques heures de sommeil en plus chaque matin?

Chipper, l’appli qui va vous sortir du lit

Se lever relève pour certains d’une véritable épreuve.
Un réveil, deux réveils, 5 petites minutes de plus, un coup de touche snooze et vous voilà passé du côté obscure de la force, bien au chaud sous votre couette, et accessoirement en retard en cours.

Bien placé pour connaître le problème, des étudiants de la California Polytechnic State University ont concocté LA solution radicale: des capteurs implantés sous votre matelas se déclenchent à l’heure où vous devez vous lever, et se mettent à hurler jusqu’à ce que cela soit chose faite.

Si l’application n’en est pour l’heure qu’au stade de l’expérimentation, l’université a mis en place un site incitant les potentiels intéressés à contribuer financièrement à cette invention, somme toute fort utile.

La dette de sommeil

Se pencher sur des solutions, c’est bien, mais prendre en considération les causes, c’est encore mieux.
Associer « paresse » et « difficulté à s’extraire du lit » pourrait être tentant, et pourtant, il n’en est rien.
La principale raison de ce traumatisme matinal serait due à la masse quotidienne de travail que doivent réaliser les élèves.
Une étudiante confie, lors d’une enquête de santé menée par l’organisme de sécurité sociale étudiante (Smerep), que «les journées sont trop courtes pour tout faire, alors il n’est pas rare que je me penche sur mes cours jusqu’à tard dans la nuit»

En période d’examens, il est effectivement fréquent que les étudiants aient recourt à la fameuse nuit blanche.
Difficultés d’organisation me direz-vous? Pas nécessairement.
Certaines formations mettent les élèves en situation de production constante, si bien qu’il devient difficile de prendre de l’avance sur les travaux à venir, ceux à effectuer pour le lendemain s’avérant d’ores et déjà fort nombreux.

Si vous ajoutez à cela un emploi en parallèle des études, pour financer ces dernières ou subvenir aux besoins primaires, vous obtiendrez certainement un étudiant traumatisé du réveil, quémandant tant bien que mal quelques minutes de sommeil supplémentaires.

Avec la pression scolaire et la découverte des joies de la liberté, il n’est également pas rare que les sorties entre amis pointent le bout de leur nez dans ce programme déjà bien chargé.
Un temps pour souffler nécessaire, venant néanmoins noircir des cernes déjà présentes, sous les yeux fatigués des apprenants.

Des conséquences notables

Comme vous le savez peut-être, le sommeil fonctionne par phases d’environ 90 minutes chacune.
Le cycle comporte donc trois stades : le sommeil lent ou sommeil léger, le sommeil à ondes lentes ou sommeil profond et le sommeil paradoxal ou sommeil des rêves.

Pour le Professeur Paquereau, président de l’Institut national du Sommeil « la durée de sommeil est variable selon les individus. Le tout est de trouver la durée qui correspond le mieux à vos besoins ». Et en moyenne, vos besoins varient entre 7 et 9 heures par nuit.

Or, si l’on en croit l’étude de la Smerep, 3 étudiants sur 4 dormiraient moins de 8h par nuit, soit moins que la durée considérée comme minimale pour rester en forme.
16% consacreraient même moins de 6h par jour à dormir.

En définitive, ce ne sont pas moins de 74% d’étudiants qui seraient en situation de carences de sommeil.
Plus qu’un comportement banal, la privation de sommeil demeure un vrai problème de santé.

Difficultés de concentration, somnolences, impact sur les résultats scolaires, troubles de l’humeur, bouleversements de l’équilibre psychologique avec une augmentation des fréquences d’épisodes dépressifs ou anxieux, augmentation des risques d’hypertension et d’obésité, bref la liste est longue.

Une attitude contre-productive donc, puisqu’à trop vouloir boucler vos dossiers tard le soir, vous vous handicapez pour le lendemain et perdez en efficacité sur le long terme!
Un rythme vous faisant accumuler du retard de sommeil dans l’espoir d’être dans les temps n’est à la longue pas tenable, et ne vous fera pas produire de rendus à la hauteur de vos compétences.

Sommeil: le sujet de toutes les attentions

Afin de sensibiliser les étudiants à l’importance du sommeil, l’Espace Santé Étudiant de Bordeaux a réalisé une exposition en mars 2015, mettant en scène un jeune dans sa chambre, entouré de facteurs susceptibles de nuire à la qualité de son repos: désordre, écrans, caféine, tabac etc…

A vocation itinérante, ce cube de plexiglas de 9m2 était un prétexte à la discussion, l’objectif étant de montrer que les pratiques considérées comme banales peuvent engager la santé des étudiants, et qu’il est fondamental de les changer.
Plusieurs brochures informatives ont ainsi pu être diffusées à cette occasion.

Changer oui, mais comment?!

Pas toujours facile de mettre au placard les mauvaises habitudes, surtout lorsque l’on connaît les attentes et obligations pesant sur les épaules des étudiants.
L’élément à garder en tête est l’horloge biologique.
Grosso modo, notre mode de fonctionnement interne est calqué sur celui d’une horloge: nous devons donc habituer notre organisme à se coucher et se lever à peu près aux mêmes heures afin d’éviter le dérèglement.

L’heure du lever demeure la plus importante.
Aussi, si vous prévoyiez de vous déhanchez ce soir sur le dancefloor, et ce jusqu’au bout de la nuit, oubliez le levé à 3 heures de l’après-midi demain.
Votre corps va être perturbé et consommer du sommeil dont il n’a pas besoin. Il faut savoir que deux nuits seulement suffisent à envoyer valser votre horloge interne!
Néanmoins vous pouvez vous autorisez des siestes de 10 minutes maximum, au-delà votre corps entre dans une phase de sommeil profond, qui vous ferait plus de mal que de bien.

Enfin, pour que des initiatives et des actions visant à améliorer vos conditions de vie voient le jour, n’hésitez pas à prendre part à l’étude I-Share!
Cette recherche publique d’envergure menée sur la santé des étudiants vous permet de témoigner sur de nombreux aspects tels que le stress, l’alimentation, ou encore le sommeil.
Les données confidentielles permettront de mieux cerner les habitudes de vie des étudiants, ainsi que les éventuelles problématiques qui en découlent pour mettre en place, à terme, des solutions!

Lison Herledan pour jaiouiedire

Connaissez-vous les MOOCs?

logo redimensionné

Signifiant littéralement massive open online course, les MOOCs donnent une nouvelle dimension à l’apprentissage, en l’affranchissant des murs de la classe et du cadre purement scolaire.

Des cours en ligne ouverts à tous

Vous avez toujours rêvé d’en savoir plus sur la vie des troubadours, mais vous n’aviez pas envie de quitter votre filière de droit? Votre niveau d’anglais n’est pas à la hauteur de vos espérances, mais vous n’avez pas le budget pour prendre de cours particuliers? Vous n’avez ni l’envie ni le temps de remettre les pieds à la fac, mais vous avez l’esprit curieux et l’envie d’apprendre?

Il semblerait que les MOOCs soient faits pour vous!!

Le principe est simple, des cours en ligne variés, conçus par des professeurs d’universités, des écoles françaises ou des partenaires académiques internationaux, sont mis en ligne à disposition de tous, sans limite d’âge, de statut ou de cursus scolaire, pour permettre à chacun d’aborder une multitude de sujets diversifiés et de qualités, à n’importe quel endroit du globe.

Deux approches différentes

Deux types de cours en ligne existent:

  • Les xMOOCs : le ou les enseignants rédigent un cours qu’ils dispensent aux personnes inscrites. C’est le modèle de la salle de classe, au détail près que que le public visé avoisine davantage les milliers d’élèves que la trentaine.
  • Les cMOOCs : chaque élève peut potentiellement devenir un enseignant en apportant sa contribution au cours. S’il n’y a pas d’enseignant, il y a néanmoins des organisateurs qui structurent les discussions et contenus proposés.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, un MOOC n’est pas forcément soit un xMOOC, soit un cMOOC, mais peut être un mélange des deux (80% xMOOC, 20% cMOOC).

Trois plates-formes d’hébergement

Les cours en ligne peuvent être hébergés sur trois types de plate-formes:

– Celles directement conçues pour être des MOOCs, portées par des entreprises ou des fondations (Coursera, Udacity, edX, FutureLearn), réservées aux universités les plus connues souhaitant émettre des contenus pédagogiques sur le net,

– Celles portées par des entreprises proposant initialement des Learning management system – c’est-à-dire développant des logiciels visant à accompagner toute personne impliquée dans un processus d’apprentissage – qui auraient développées leur offre à un public plus large. (Canvas, CourseSites by Blackboard)
Contrairement à la précédente catégorie, leur stratégie est d’offrir la plateforme à toutes les universités, afin de permettre l’émergence d’une offre plus large, et ainsi aux meilleurs cours d’émerger sur la base du mérite et non de la sélection.

– Les plates-formes de logiciels libres, qu’il faut installer soi-même, tels que Moodle ou Course Builder de Google, qui permettent de créer un espace collaboratif d’échanges et de consultation de documents numériques par des communautés.

Rapide historique

Que cela soit sur notre continent ou de l’autre côté de l’Atlantique, l’année MOOC, comme la qualifie le New York Times, demeure résolument l’année 2012.
Si les cours en ligne ne sont pas une nouveauté à proprement parler – je pense notamment aux sites netprof.fr, crée en 2005 ou encore le Site du Zéro, érigé en 1999 et renommé OpenClassrooms en 2013 – l’engouement pour la pédagogie sur le net prend en effet, dés lors, un tout autre tournant.Aux États-Unis, près de trois millions d’étudiants s’inscrivent sur au moins une plate-forme d’apprentissage en moins d’un an, et les universités rejoignent le mouvement par dizaines ; des centaines de cours ont eu lieu et de multiples plateformes issues d’initiatives publiques ou privées voient le jour.En France, une augmentation régulière du nombre de formations proposées est constatée à partir de cette date.

Un marché en pleine expansion qui séduit le gouvernement français, ce dernier annonçant en octobre 2013 la mise en place de France Université Numérique (FUN de son petit nom), une plate-forme encadrée par le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

En janvier 2014, une vingtaine de MOOCs sont disponibles pour le lancement de la plateforme, avant de tripler rapidement, en l’espace d’un an.

Faites votre choix!

 En France, il est possible de trouver les cours qui vous intéresse sur deux principales plate-formes: Coursera, et France Université Numérique.

A noter qu’un bon MOOC n’est pas un cours d’amphi filmé et mis en ligne tel quel! Les contenus diffusés doivent être adaptés au format numérique et s’adresser à tous les publics, des débutants aux plus connaisseurs.Les choix de cours sont aussi variés qu’il y a de domaines. Pour la plate-forme FUN par exemple, que j’utilise davantage, les MOOCs sont regroupés par domaines d’études, allant de la création, des arts et du design à l’environnement ou le managment, en passant par les cultures et civilisations, sans oublier l’éducation.

Pour suivre un MOOC, il vous suffit de vous inscrire a celui-ci: un plan du cours sera indiqué, ainsi que le temps d’effort et d’implication estimé.

Selon les cours, plusieurs quizz ou évaluations peuvent vous être proposés afin de tester vos connaissances, acquises tout au long des séances.Si la question de la certification reste sujette à débat et génère des problèmes – du fait notamment de la non reconnaissance de certaines entreprises quant à la valeur du diplôme délivré, ou l’incompatibilité du cumul des crédits universitaires avec le modèle économique de certaines plate-formes, – plusieurs MOOCs vous offre la possibilité d’obtenir une « Attestation de suivi avec succès », délivrée par FUN et l’Université partenaire.

N’hésitez donc pas à jeter régulièrement un œil sur le site pour ne pas manquer la période d’inscription.

J’ai personnellement hâte d’assister virtuellement aux cours débutant le 7 mai 2015, sur l’éducation aux médias et à l’information à l’ère du numérique (eFAN), dispensés par l’ENS de Lyon et de Cachan.

Lison Herledan pour jaiouiedire

Stress scolaire, l’obsession de l’excellence

logo redimensionné

Fréquemment associée au temps de l’insouciance, du jeu et de la légèreté, l’école demeure pourtant vectrice de stress, de peur et de malaise.
Pression des parents, angoisse de l’échec, course à la performance, le système éducatif français figure, aux côtés du Japon, parmi les plus élitistes au monde et l’un des moins bien classé en terme de bien-être scolaire.
Selon l’OCDE en 2009, seul 21,4% des enfants de 11, 13 et 15 ans déclaraient en effet, aimer aller à l’école.
Comment expliquer ce chiffre?

Le statut de la note

En milieu scolaire la note évalue moins les compétences de l’élève que ses chances de réussite future.
Plus qu’un indicateur lui permettant de comprendre ses erreurs et réussites, la note est en effet un passeport pour l’avenir, un élément influant sur les chances d’intégrer une école, ou d’obtenir un métier.
« Si tu n’as pas eu de bonnes notes, tu ne peux pas avoir de mention à ton bac, si tu n’as pas de mention, tu ne peux pas intégrer d’école réputée, si tu n’as pas intégrer d’école tu ne pourras pas espérer occuper un emploi respectable »
Avec un tel enjeu, difficile de ne pas céder à la panique ou de ne pas être tétanisé.

Le rapport à l’autre

La note régit également le rapport des élèves entre eux, qui ne travaillent pas dans une logique de coopération et de solidarité mais plutôt dans un état d’esprit de compétition et de comparaison permanente.
Les notes classent, hiérarchisent, punissent ou récompensent, à tel point qu’une élève du reportage de Stéphane Bentura, publié en bas de page, confesse que « si son amie avait été meilleure [qu’elle, elle] ne l’aurait pas aidé »
Il ne faut pas seulement être bon, mais il faut être meilleur que les autres.
En France, en cas d’ex-equo, il faut absolument départager les vainqueurs pour effectuer un classement, il y a toujours un gagnant et un perdant.

La pression parentale

Comme le montre très justement le reportage, les parents contribuent à ce système autant qu’ils le subissent.
« Je ne veux pas que mon enfant soit au chômage, ou dans une situation précaire, il faut donc qu’il réussisse »
Échouer à l’école, c’est être marginalisé.

Les parents, par souci de faire au mieux, l’ont bien compris et poussent leurs enfants à être toujours plus performants, quitte à sacrifier leur temps de loisirs ou leur temps libre sur l’autel de l’apprentissage.
Cours particuliers, longues heures de devoirs, cahiers de vacances, les parents déploient les grands moyens pour voir réussir leurs enfants, car si la mauvaise note solde un échec chez l’élève, elle reflète également la capacité de l’éducateur à remplir ou non, le rôle qui lui incombe.
« S’il (elle) a eu cette note, c’est peut-être, en partie, parce que je n’ai pas fait tout ce qu’il fallait pour qu’il/elle réussisse. »

Un cercle vicieux en somme, qui ne peut qu’ajouter une pression supplémentaire sur les épaules de l’enfant. Celui-ci n’entre plus dans une démarche où il travaille pour lui-même, mais essaie tant bien que mal de ramener la tant attendue « bonne note » pour faire plaisir à son entourage, engendrant le sentiment de « n’être qu’un cobaye », un « trophée pour les parents », comme l’exprime l’un des collégiens du reportage.
Il s’agit de ne pas décevoir en se montrant à la hauteur des attentes fixées, mettant en péril les conditions d’épanouissement et d’estime de l’enfant.

Le milieu scolaire

Une des causes de la pression scolaire résulte dans la peur du redoublement. Outre le sentiment d’échec, l’élève subit bien souvent un déracinement, il n’est plus avec ses ami(e)s et doit s’intégrer à une nouvelle classe.
Valérie Merch-Popelier, secrétaire générale de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), regrette que, « parce qu’ils ont des difficultés dans quelques matières, ces élèves doivent refaire le programme entier, sans tenir compte d’autres matières qu’ils ont pourtant réussies l’année précédente ».
Cela peut, ajoute-t-elle, provoquer découragement et démotivation.

D’autre part, l’élève subit un rythme scolaire commun à tous, le faible effectif du personnel scolaire en France ne permettant pas d’avoir un accompagnement personnalisé en fonction des difficultés éprouvées par chacun.

Il est, en outre, fondamental d’aborder la pression pesant sur les professeurs.
Peu valorisé, mal payé, ponctué par des relations parfois complexes avec les parents, et soumis à la pression de terminer le programme à temps, ce ne sont pas leurs qualités (ou défauts) qui sont remis en question, mais bien leur formation qui occulte toute la dimension «humaine» entre professeurs et élèves.

Le manque de sens dans l’apprentissage

En France, les élèves passent de 25 heures à 28 heures par semaine au collège, et entre 30 heures et 40 heures au lycée.
L’école est autrement dit, leur seconde maison, qu’ils ne s’approprient pourtant pas.
Dans le reportage, les jeunes ont le sentiment de devenir des « machines à travailler », en « se gavant de savoirs » rythmé par « beaucoup de travail ».
L’application concrète de ces apprentissages n’est pas toujours claire, et, les élèves apprennent souvent par cœur, sans comprendre, dans l’espoir de réussir leurs examens.

L’objectif de réussite devient le but ultime, au détriment du plaisir de l’apprentissage.
Il faut obtenir la garantie d’un avenir qui en vaut la peine, quel que soit le prix à payer.
Une logique de plus en plus remise en question du fait de la panne de l’ascenseur social, les grandes écoles étant de plus en plus réservées aux héritiers.

Phobies scolaires et traumatismes liés à l’école

Il n’y a qu’à tendre l’oreille dans nos salles de classes pour se rendre compte qu’elles sont silencieuses. Maladivement silencieuses. Poser des questions, admettre que l’on ne sait pas, ou que l’on ne comprend pas est mal vu.
Le jugement, encore, toujours. Implacable et tellement angoissant.

Le droit à l’erreur n’existe pas, le faux pas est inenvisageable.
La sphère sociétale, familiale, scolaire et amicale est là pour le rappeler, il faut être le meilleur pour réussir, pour ne pas rester sur le banc de touche.

Un contexte d’épanouissement impossible qui génère de fortes frustrations, pouvant aller jusqu’à des troubles plus graves.
Pertes d’appétit, boule au ventre, vomissements, insomnies, crises d’angoisse ou de tétanie, les élèves deviennent malades d’un système qui exige la perfection, sans garantir une situation épanouissante ou stable à la clef.

Les performances scolaires occultent les véritables capacités des enfants, qui finissent pas ne plus croire en eux-mêmes, brisés par une machine impitoyable.
« J’ai le sentiment de jouer ma vie à 14 ans » révèle un jeune adolescent de troisième.
Une situation anormale et scandaleuse, surtout lorsque l’on sait que d’autres systèmes éducatifs plus épanouissants existent.

La Finlande par exemple, avec des journées scolaires moins denses demeure le pays où les élèves apprécient le plus se rendre à l’école, et où le niveau scolaire est le meilleur.

Pas de notes en dessous 16 ans, des évaluations visibles uniquement par les parents et les professeurs pour éviter aux enfants la pression et la comparaison entre eux, des effectifs d’encadrement élevé permettant un suivi approfondi des élèves, une valorisation des activités manuelles et des compétences autres que scolaires, ainsi qu’un seul établissement de l’âge de 7 à 16 ans pour les enfants, afin d’éviter la coupure et le stress.
Autant de points dont devraient s’inspirer la France, pour le bien être de tous, si celle-ci acceptaient de reconnaitre ses torts.

Lison Herledan pour jaiouiedire